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PAPE FRANÇOIS

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA
MAISON SAINTE-MARTHE

Lundi 24 juin 2013

 

(L'Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 26 du 27 juin 2013)

À l’exemple de saint Jean, voix de la Parole

Une Église inspirée par la figure de Jean-Baptiste : qui « existe pour proclamer, pour être la voix d’une parole, de son époux qui est la parole » et « pour proclamer cette parole jusqu’au martyre » de la main des « plus superbes de la terre ». C’est ce qu’a proposé le Pape François au cours de la Messe du 24 juin, fête liturgique de la nativité du saint, que l’Église vénère comme « le plus grand homme né d’une femme ».

Toute la réflexion du Saint-Père a été centrée sur ce parallélisme, car « l’Église a quelque chose de saint Jean », même si, a-t-il immédiatement mis en garde, il est « difficile de comprendre qui est » Jean-Baptiste. Du reste, « Jésus dit qu’il est l’homme le plus grand qui soit jamais né » ; mais si ensuite « nous voyons ce qu’il fait » et « nous pensons à sa vie », a fait remarquer le Pape François, nous nous aperçevons qu’« il est un prophète qui est passé, un homme qui a été grand », avant de finir « comme un misérable ». Le Pape a ensuite résumé la figure de Jean-Baptiste : « Voix, non parole ; lumière, mais pas la sienne, Jean semble n’être rien ». Voilà révélée “la vocation” de Jean-Baptiste, a affirmé le Pape : « S’anéantir. Et quand nous contemplons la vie de cet homme si grand, si puissant, tous croyaient qu’il s’agissait du Messie, quand nous voyons comment cette vie s’anéantit jusqu’à l’obscurité d’une prison, nous contemplons un mystère » immense. En effet, a-t-il poursuivi, « nous ne savons pas comment se sont passés » ses derniers jours. Nous savons seulement qu’il a été tué et que sa tête a fini « sur un plateau comme le grand cadeau d’une danseuse à un adultère. Je crois qu’on ne peut pas aller plus bas que cela, s’anéantir plus ». En somme, a dit le Pape, Jean-Baptiste pouvait se vanter, se sentir important, mais il ne l’a pas fait, il « indiquait seulement, il se sentait la voix et non la parole ». Cela est « le secret de Jean ». Il « n’a pas voulu être un idéologue ». Il a été « un homme qui s’est nié lui-même, pour que la parole » grandisse. Voilà alors l’actualité de son enseignement : « Nous, comme Église, nous pouvons aujourd’hui demander la grâce de ne pas devenir une Église idéologisée », pour être en revanche « seulement la Dei Verbum religiose audiens et fidenter proclamans », a-t-il dit en citant l’incipit de la constitution conciliaire sur la révélation divine. Une « Église qui écoute religieusement la parole de Jésus et la proclame avec courage », une « Église sans idéologie, sans vie propre », une « Église qui est mysterium lunae, qui prend la lumière de son époux  » et qui doit abaisser sa propre lumière pour que ce soit la lumière du Christ qui resplendisse. Le Pape François n’a pas de doute : « Le modèle que nous offre aujourd’hui Jean » est celui d’« une Église toujours au service de la Parole, une Église qui ne prend jamais rien pour elle-même ».

 



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