Index   Back Top Print

[ FR  - PT ]

PAPE FRANÇOIS

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA
MAISON SAINTE-MARTHE

Vendredi 24 octobre 2014

 

(L'Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 45 du 6 novembre 2014)

La pierre et les briques

C’est l’Esprit Saint qui fait l’Église et cimente son unité en ayant pour base la pierre angulaire qui est Jésus. Pour nous orienter et collaborer à cette construction, nous avons entre les mains un « plan » qui s’appelle l’espérance. Avec un avertissement: pour être forts, il faut être faibles. Ce sont les suggestions spirituelles de saint Paul, reprises par le Pape François. « Faire l’unité de l’Église, construire l’Église, ce temple, cette unité de l’Église, est la tâche de chaque chrétien, de chacun de nous ». Et « quand on doit construire un temple, un immeuble, on cherche une zone constructible préparée pour cela ». Mais « la première chose que l’on fait est de chercher la pierre de base : la pierre angulaire, dit la Bible ». Et « la pierre angulaire de l’Église, est Jésus », alors que « la pierre angulaire de l’unité de l’Église est la prière de Jésus lors de la dernière cène : Père, que tous soient un ». Telle est précisément « la force » et « la pierre sur laquelle nous édifions l’unité de l’Église. Sans cette pierre, on ne peut pas. Il n’y a pas d’unité sans Jésus Christ à la base : il est notre sécurité ». Mais « qui construit cette unité ? ». Assurément, ce n’est pas nous, car « cela est le travail de l’Esprit Saint : le seul capable de faire l’unité de l’Église ». François a ensuite posé une autre question : « Comment construit-on ce temple ? ». À ce propos, l’apôtre Pierre « disait que nous étions des pierres vivantes dans cette construction ». Mais, a remarqué le Pape, « ici l’apôtre ne nous conseille pas d’être des pierres, mais plutôt des briques, faibles ». En conséquence, « les conseils que Paul donne pour aider le Saint-Esprit à construire cette unité sont des conseils de faiblesse, selon la pensée humaine ». Et en effet, « l’humilité, la douceur, la magnanimité sont des choses faibles, car il semble que l’humble ne sert à rien; la douceur, la délicatesse semblent ne pas servir ; la magnanimité, être ouverts aux autres, avoir le cœur grand... ». De plus, Paul ajoute : « en vous supportant les uns les autres dans l’amour », mais « en ayant à cœur de conserver l’unité ». Ainsi, plus nous nous faisons faibles avec ces vertus de l’humilité, de la magnanimité, de la douceur de la délicatesse, plus nous devenons des pierres fortes dans ce temple ». C’est exactement le même chemin suivi par Jésus, qui « ne pense pas être égal à Dieu : il s’abaissa, il s’anéantit ; il s’est fait faible, faible, faible jusqu’à la croix, et il devint fort ». Mais Paul ajoute quelque chose d’autre : « Un seul corps et un seul esprit, comme une seule est l’espérance à laquelle vous avez été appelés ». Car « quand on édifie une construction, il est nécessaire que l’architecte dessine le plan ». Et « quel est le plan de l’unité de l’Église ? L’espérance à laquelle nous avons été appelés : l’espérance d’aller vers le Seigneur, l’espérance de vivre dans une Église vivante, faite avec des pierres vivantes, avec la force de l’Esprit Saint ». C’est pourquoi « ce n’est qu’en suivant un plan de l’espérance que nous pouvons aller de l’avant dans l’unité de l’Église ».

 



© Copyright - Libreria Editrice Vaticana