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PAPE FRANÇOIS

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA
MAISON SAINTE-MARTHE

Lundi 3 novembre 2014

 

(L'Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 47 du 20 novembre 2014)

Quelle est la joie de l’évêque ?

« Les sentiments d’un évêque » ou « la joie d’un évêque ». Le Pape François a indiqué lui-même le titre idéal pour le passage de la Lettre de saint Paul aux Philippiens (2, 1-4) proposé par la liturgie. Et il a mis en garde contre les rivalités et la vanité qui minent la vie de l’Église, où il faut en revanche s’inspirer des indications de Jésus et également de Paul:  ne pas rechercher son propre intérêt, mais servir humblement les autres sans rien demander en échange. Et c’est sur ce thème qu’il a centré l’homélie. Ainsi, Paul demande-t-il expressément aux Philippiens qu’ils « rendent pleine la joie de l’évêque ». Et quelle est la joie de l’évêque ? La réponse est d’« avoir la même sensibilité avec la même charité, en demeurant unanimes et en accord ». Voilà « Paul, comme pasteur, savait que c’était là la route de Jésus. Et, également, que c’est là la grâce que Jésus, dans la prière après la Cène, a demandé au Père :  l’unité, la concorde, que les disciples restent unanimes et en accord avec la même charité et la même sensibilité, à savoir l’harmonie de l’Église ». « Nous savons tous que cette harmonie est une grâce ». Paul recommande de ne rien faire par « rivalité », de « ne pas lutter l’un contre l’autre, pas même pour se faire voir, pour se donner l’air d’être meilleur que les autres ». Et « combien de fois dans nos institutions, dans l’Église, dans les paroisses, par exemple, dans les collèges, nous trouvons la rivalité, la volonté de se faire voir, la vanité ». Il s’agit de « deux vers qui rongent la consistance de l’Église, l’affaiblissent :  la rivalité et la vanité vont à l’encontre de cette harmonie, de cette concorde ». Sur la même ligne, François a rappelé le témoignage du saint péruvien Martino de Porres, humble frère dominicain, dont c’était la mémoire liturgique ce 3 novembre. « Sa spiritualité était dans le service » « La joie de l’évêque est cette unité de l’Église :  humilité ». Puis Paul poursuit :  « Que chacun ne cherche pas son propre intérêt mais celui des autres ». Il faut donc « chercher le bien de l’autre. Servir les autres ». Telle est « la joie d’un évêque quand il voit son Église ainsi :  une même sensibilité, la même charité, en restant unanimes et en accord ». Et « c’est le souffle que Jésus veut dans l’Église. On peut avoir des opinions différentes, très bien ! Mais toujours dans ce souffle-là, ce climat d’humilité, de charité, sans mépriser personne ». « C’est une mauvaise chose quand, dans les institutions de l’Église, d’un diocèse, nous trouvons dans les paroisses des gens qui cherchent leur intérêt, pas le service, pas l’amour ». Bref, ne pas dire :  « Bien sûr, moi je te rends ce service, mais toi tu me fais ceci ». Jésus le rappelle dans la parabole de l’Évangile de Luc (14, 12-14) qui raconte l’invitation à dîner de « ceux qui ne peuvent rien donner en échange :  c’est la gratuité ». François a suggéré de penser au cours de la journée à « comment est ma paroisse » ou « comment est ma communauté ». Et de se demander si ces réalités et toutes nos institutions ont « cet esprit de sentiments d’amour, d’unanimité, de concorde, sans rivalité ou vanité ». Vivent-elles « avec humilité et la pensée que les autres sont supérieurs à nous ? ». Y a-t-il vraiment « cet esprit » ou « peut-être trouverons-nous quelque chose à améliorer ? ». Alors, il est bon de nous demander « aujourd’hui comment puis-je améliorer cela ? ». Et suivre ainsi le conseil de Paul, « pour que la joie de l’évêque, soit pleine, pour que la joie de Jésus soit pleine ».



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