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PAPE FRANÇOIS

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA
MAISON SAINTE-MARTHE

Mardi 4 novembre 2014

 

(L'Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 47 du 20 novembre 2014)

Mais le don de Dieu est gratuit

Nous ne devons pas avoir peur de la gratuité de Dieu qui bouleverse les schémas humains de la convenance et de l’échange de faveurs. La réflexion du Pape s’est inspirée de la lecture du passage évangélique de Luc (14, 15-24) qui suit immédiatement celui dans lequel Jésus expliquait que, dans la loi de Dieu, « le do ut des ne fonctionne pas » et, pour mieux faire comprendre le concept, conseillait : « Quand tu offres un banquet, invite les pauvres, les estropiés, les boiteux, les aveugles et tu seras bienheureux car ils n’ont rien à te donner en échange. Tu recevras en effet la récompense dans la résurrection ». Les hommes de la parabole — « qui sont un exemple parmi tant d’autres » — soulignent toujours un « intérêt », la recherche d’un « échange », d’une « contrepartie ». Le Pape a expliqué : « Si l’invitation avait été, par exemple : “Venez, j’ai deux ou trois amis dans les affaires qui viennent d’un autre pays, nous pouvons faire quelque chose ensemble”, personne ne se serait certainement excusé de ne pas venir ». En effet, « ce qui les effrayait était la gratuité », « être quelqu’un comme les autres ». « C’est l’égoïsme », vouloir « être au centre de tout ». Quand on vit cette dimension, quand « une personne tourne autour d’elle-même », elle finit par ne pas avoir d’horizon « car l’horizon c’est elle-même ». Alors, il est « difficile d’écouter la voix de Jésus, la voix de Dieu ». Et, « derrière cette attitude », se trouve une autre chose, encore « plus profonde » : il y a la « peur de la gratuité ». La gratuité de Dieu, en effet, par rapport à tant d’expériences de vie qui nous ont fait beaucoup souffrir, « est si grande qu’elle nous fait peur ». L’homme est désorienté. Une attitude semblable à celle des disciples d’Emmaüs, quand ils s’éloignaient de Jérusalem. Ils se disaient : « Mais nous espérions que c’était lui qui aurait libéré Israël ». Et aussi : « Le don était si grand que nous avons été déçus. Et nous avons peur ». Thomas lui aussi « a peur de la gratuité de Dieu ». À cet égard, le Pape a rappelé un dicton populaire : « Quand l’offre est abondante, même le saint à des soupçons ». C’est-à-dire: quand un don est trop grand, on se met sur ses gardes, car « la gratuité est trop » pour nous. Et alors, si « Dieu nous offre un banquet », nous pensons : « il vaut mieux ne pas s’en mêler », il vaut mieux rester « entre nous ». Nous sommes en effet « plus sûrs de nos péchés, de nos limites », car ainsi « nous sommes chez nous ». Le Pape François a ensuite pris en considération, dans la parabole évangélique, l’attitude du maître après que le serviteur lui a rapporté le refus des invités. Il est « en colère, car il a été méprisé ». Et alors « il fait appeler tous les exclus, les indigents, les malades, sur les places et dans les rues de la ville; les pauvres, les estropiés, les aveugles, les boiteux ». Nous ne nous rendons pas compte que, comme le rappelle Paul dans la Lettre aux Philippiens (2, 5-11), tout cela « est gratuit, car le Christ Jésus, bien qu’étant dans la condition de Dieu, ne le considéra pas un privilège, mais “se dépouilla lui-même en assumant la condition de serviteur. Il s’abaissa lui-même” ». C’est Jésus, a rappelé le Pape, qui « a payé la fête, par son humiliation jusqu’à la mort, la mort en Croix ». Cela est la « grande gratuité » de Dieu. Ainsi « l’Église nous demande de ne pas avoir peur de la gratuité de Dieu », qui peut sembler « une folie. Mais Paul le dit : “La Croix du Christ est une folie pour le monde : il ne peut pas la comprendre. Mais c’est lui qui a payé afin que tout soit gratuit pour nous” ». Nous devons seulement « ouvrir notre cœur, faire quant à nous tout ce que nous pouvons ; mais la grande fête c’est lui qui la fera ».

   



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