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PAPE FRANÇOIS

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA
MAISON SAINTE-MARTHE

Jeudi 6 novembre 2014

 

(L'Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 47 du 20 novembre 2014)

Dieu va toujours à la limite

Il ne peut y avoir de chrétiens, et encore moins de pasteurs, qui s’arrêtent tristement « à mi-chemin » par peur de « se salir les mains » ou d’être l’objet de commérages, ou de compromettre leur carrière ecclésiastique. C’est Dieu qui montre à chacun de nous et à l’Église tout entière le style approprié de comportement, en allant personnellement « sur le terrain » et en allant « toujours de l’avant, jusqu’au bout, toujours en sortie » avec un seul objectif : « ne perdre personne ! », surtout ceux qui sont éloignés, avec tendresse. Telle est l’indication concrète suggérée par le Pape au cours de la Messe. François a reproposé le passage évangélique de Luc (15, 1-10) pour le commenter. Les termes utilisés par Jésus, « nous font voir comment est le cœur de Dieu : Dieu ne s’arrête pas, Dieu ne va pas jusqu’à un certain point » et après s’arrête. Non, « Dieu va jusqu’au bout, à la limite. Il va toujours à la limite. Il ne s’arrête pas à mi-chemin du salut, comme s’il disait “J’ai tout fait, maintenant c’est leur problème !” ». En revanche Dieu « avance toujours, sort, va sur le terrain ». En réalité, a dit le Pape François en revenant au passage de l’Évangile, « Jésus est très généreux parce qu’il compare presque à Dieu les pharisiens et les scribes qui murmuraient ». Au point de commencer la parabole par ces paroles : « Mais qui d’entre vous ne fait pas cela ? ». C’est peut-être vrai, tous le faisaient, s’arrêtant toutefois « à mi-chemin ». En effet, « ce qui leur importait était que le bilan des profits et des pertes soit plus ou moins favorable » et avec cette façon de voir les choses, « ils allaient tranquilles ». Et ainsi, toujours en regardant les deux paraboles de Jésus contenues dans le passage de Luc, ces publicains disaient peut-être, « oui, c’est vrai, j’ai perdu trois pièces, j’ai perdu dix brebis, mais j’ai beaucoup gagné ! ». Et ainsi fait Jésus, qui « va toujours à la limite : Dieu est le Père et l’amour de Dieu est cela ». Ce style de Dieu dit également « à nous pasteurs, à nous chrétiens » comment nous comporter. Et il est « vraiment triste le pasteur » qui s’arrête « à mi-chemin », il est triste ! Donc, « être pasteur à mi-chemin est un échec ». En effet, « un pasteur doit avoir le cœur de Dieu » pour « aller jusqu’à la limite ». Il doit avoir « le cœur de Jésus, qui avait reçu du Père cette parole : ne perdre personne ; que personne ne se perde ! Personne ne doit se perdre ! ». Voilà alors que « le vrai pasteur, le vrai chrétien a ce zèle en lui : que personne ne se perde ! ». Et « pour cela, il n’a pas peur de se salir les mains : il n’a pas peur ! Il va où il doit aller, il risque sa vie, il risque sa renommée, il risque de perdre son confort, son statut, même de perdre sa carrière ecclésiastique. Mais c’est un bon pasteur ! ». Et « les chrétiens aussi doivent être comme cela ». Parce qu’il est très facile de condamner les autres, comme le faisaient les publicains, mais ce n’est pas chrétien, non, ce n’est pas digne des fils de Dieu ! ». C’est pourquoi François a répété avec force : « Pasteurs à mi-chemin, jamais ! Chrétiens à mi-chemin, jamais ! ». Il faut en revanche se comporter précisément comme « l’a fait Jésus ». Et dans ce passage évangélique, a insisté encore le Pape, « on dit que ces gens s’approchaient de Jésus », mais « tant de fois, on lit dans l’Évangile que c’est Lui qui est allé chercher les gens ». Parce que « le bon pasteur, le bon chrétien sort, il est toujours en sortie : il est sorti de lui-même, il est sorti vers Dieu, dans la prière, dans l’adoration ». Et « il est en sortie vers les autres pour apporter le message de salut ». Ainsi « le bon pasteur et le bon chrétien incarnent la tendresse ». François a indiqué expressément la beauté « de ne pas avoir peur que l’on parle mal de nous » lorsque nous allons « à la rencontre de nos frères et sœurs qui sont éloignés du Seigneur ». Et il a conclu en demandant au Seigneur « cette grâce pour chacun de nous et pour notre Mère, la Sainte Église ».

      



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