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PAPE FRANÇOIS

MÉDITATION MATINALE
EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

Mardi 20 octobre 2015

(L'Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 44 du 29 octobre 2015)

Le nom de la sœur

Nous n’avons pas «un Dieu mesquin» ni «un Dieu fermé». Notre Dieu est «un Dieu qui sort» pour «chercher chacun de nous». Et quand il nous trouve, «il nous enlace, nous embrasse», car c’est «un Dieu qui fait la fête» et au ciel, l'on fait «plus la fête pour un pécheur qui se convertit» que «pour une centaine de personnes qui demeurent justes». C’est sur cet amour «sans mesure» du Père que le Souverain Pontife est revenu dans l'homélie de la Messe célébrée à Sainte-Marthe. Comme à l'accoutumée, François s’est inspiré des lectures de la liturgie, en particulier de l’extrait de l’épître aux Romains (5, 12.15.17-19.20.-21) dans lequel saint Paul rappelle qu’«étant donné qu’à cause d'un seul homme, le péché est entré dans le monde, et, avec le péché, la mort, la grâce de Dieu et le don accordé par la grâce du seul homme Jésus Christ, se sont reversés sur nous tous ». Le Souverain Pontife a relié cet extrait à celui de la liturgie du jour précédent, dans lequel «nous avons parlé de l'aumône, nous avons dit que Dieu donne sans mesure: il se donne lui-même, son Fils». Cette fois encore, le discours débouche sur «cette idée: Comment Dieu donne-t-il dans ce cas l’amitié, le salut qui est tout pour nous?». La réponse du Souverain Pontife est que Dieu «donne comme il dit qu'il nous donnera lorsque nous accomplissons une bonne œuvre: il nous donnera une bonne dose, franche, pleine, débordante». Une générosité qui rappelle à l'esprit le concept «d'abondance». Et ce n'est pas un hasard, a observé François, si «ce mot d’“abondance” dans cet extrait est répété trois fois». Ainsi, Dieu «donne en abondance». Au point que Paul, en guise de résumé final, affirme: «Où abonde le péché surabonde la grâce». Cela signifie que «Dieu n’est pas un Dieu mesquin: il ne connaît pas la mesquinerie, il donne tout». Cela signifie encore que «Dieu n’est pas un Dieu fermé: il regarde, attend que nous nous convertissions». En substance, a souligne le Souverain Pontife, «Dieu est un Dieu qui sort: il sort nous chercher, chercher chacun de nous». Son comportement est celui est celui du «vieux père» qui «a vu venir, rentrer son fils de loin» et est tout de suite allé à sa rencontre «pour l'embrasser». Et quand nous arrivons comme ce fils, il nous embrasse, nous offre un baiser; un Dieu qui fait la fête». Jésus le dit de manière explicite en parlant de la justification, c’est-à-dire des péchés pardonnés: «il y aura plus de fête au ciel pour un pécheur qui se convertit que pour une centaine de personnes qui demeurent justes». Tel est «l’amour de Dieu; Dieu nous aime ainsi; sans mesure». Bien sûr, «il n’est pas facile avec nos critères humains — nous sommes petits, limités — de comprendre l'amour de Dieu. Nous pouvons comprendre dans ces gestes du Seigneur cette surabondance, mais tout comprendre n’est pas facile». A cet égard, le Pape a réévoqué la figure d'une religieuse qu’il a connue durant son ministère à Buenos Aires. C’était une sœur âgée, très âgée, qui avait travaillé toute sa vie dans un service de l’hôpital, et elle y travaillait encore». Elle avait «plus de 84 ans», mais travaillait « toujours avec le sourire. Elle avait sûrement l'expérience de l’amour de Dieu, car elle parlait toujours de l’amour de Dieu et faisait ressentir cet amour». C’est pourquoi «on lui avait donné un surnom»: on l’appelait «la sœur amour-de-Dieu». Et c’est une grâce «de trouver ces gens, ces saints, auxquels le Seigneur a donné le don de comprendre ce mystère, cet surabondance de l'amour». D’où l'invitation conclusive du Pape: «Demandons la grâce de ressentir cet amour, qui est un amour de papa, un grand amour, sans limites».



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