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PAPE FRANÇOIS

MÉDITATION MATINALE
EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

Jeudi 5 novembre 2015

 

(L'Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 47 du 19 novembre 2015)

Ne jamais exclure

C’est dans les faits que Jésus nous demande d’inclure tout le monde, car en tant que chrétiens, « nous n’avons pas le droit » d’exclure les autres, de les juger et de leur fermer les portes. Également parce que « l’attitude de l’exclusion » est à la racine de toute les guerres, grandes et petites. « Saint Paul — a fait remarquer le Pape en se référant au passage liturgique tiré de la lettre aux Romains (14, 7-12) — ne se lasse pas de rappeler le don de Dieu, ce cadeau que Dieu nous a fait de nous recréer, de nous régénérer ». Et « il prononce cette phrase très forte : “Aucun de nous ne vit pour lui- même, aucun ne meurt pour lui-même, car si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur, si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. « L’attitude que Paul veut souligner est précisément l’attitude de l’inclusion », a expliqué le Pape. « Quand nous jugeons une personne, nous commettons une exclusion », peut-être en disant : « Avec celui-ci non, avec celle-là non, avec celui-ci non... ». En agissant ainsi, « nous restons avec notre petit groupe, nous sommes sélectifs et cela n’est pas chrétien ». Et nous disons : « Non, celui-là est un pécheur, celui-ci a fait cela... ». La question est que « nous jugeons les autres ». Mais « la même chose est arrivée à Jésus ». « Le comportement des Romains était d’exclure » également. Voilà pourquoi Paul les « admoneste de ne pas juger ». Mais « le comportement de Jésus est d’inclure ». Voilà qu’« il y a deux routes possibles : la route de l’exclusion des personnes de notre communauté et la route de l’inclusion ». Et « la première, même à un niveau limité, est à la racine de toutes les guerres : toutes les catastrophes, tous les conflits commencent par une exclusion ». Ainsi, « on exclut de la communauté internationale, mais aussi des familles : entre amis, que de disputes ! ». En revanche, « la route que nous fait voir Jésus et que nous enseigne Jésus est tout autre, elle est le contraire de l’autre : inclure ». Dans l’Evangile « deux paraboles nous font comprendre qu’il n’est pas facile d’inclure les personnes car il y a de la résistance, il y a cette attitude sélective : ce n’est pas facile ». La première parle de « ce pasteur qui revient chez lui avec ses brebis et qui se rend compte que sur cent, il en manque une ». Assurément, il aurait pu dire : « Demain je la trouverai... ». En revanche, « il laisse tout — il était affamé, il avait travaillé toute la journée — et part, tard dans la soirée, peut-être dans l’obscurité, pour la trouver ». C’est la même chose que « fait Jésus avec ces pécheurs, les publicains : il va manger chez eux, pour les voir ». L’autre parabole à laquelle le Pape a fait référence est « celle de la femme qui perd une pièce : c’est la même chose, elle allume la lampe, balaye la maison et cherche avec soin jusqu’à ce qu’elle la trouve ». Et « peut-être y met-elle toute la journée, mais elle la trouve ». « Que se passe-t-il dans les deux cas ? ». Il se passe que le pasteur et la femme « sont remplis de joie, parce qu’ils ont trouvé ce qui était perdu. Et ils vont chez leurs voisins, chez leurs amis parce qu’ils sont très contents : “J’ai trouvé, j’ai inclus !” ». C’est précisément « la manière d’inclure de Dieu contre l’exclusion de celui qui juge, qui chasse les gens, les personnes ». Cela « est la dialectique entre l’exclusion et l’inclusion : Dieu nous a tous inclus dans le salut, tous ! ». Et « cela est le début : nous, avec nos faiblesses, avec nos péchés, nos jalousies, nous avons toujours cette attitude d’exclure qui, comme je l’ai dit auparavant, peut finir dans des guerres ». En invitant à la réflexion, François a suggéré de ne jamais juger, « au moins un peu », à « notre petit niveau ». Car « Dieu sait : c’est la vie de cette personne. Mais je ne l’exclus pas de mon cœur, de ma prière, de mon sourire et, si l’occasion se présente, je lui adresse une belle parole ». En somme, « ne jamais exclure, nous n’avons pas le droit » de le faire. Paul écrit dans la lettre aux Romains : « Tous, en effet, nous nous présenterons au tribunal de Dieu. Chacun de nous rendra donc compte de lui-même à Dieu ».

 



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