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PAPE FRANÇOIS

MÉDITATION MATINALE
EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

Vendredi 13 novembre 2015

 

(L'Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 48 du 26 novembre 2015)

Petite et grande beauté

« Ne jamais sombrer dans l’idolâtrie des immanences et dans l’idolâtrie des habitudes » et viser au contraire « toujours plus loin: de l’immanence regarder la transcendance et des habitudes regarder l’habitude finale, qui sera la contemplation de la gloire de Dieu ». Avec la certitude que si « la vie est belle, le crépuscule aussi sera très beau ». Telles sont les recommandations, pour ne pas sombrer dans ces deux idolâtries, suggérées par le Pape, qui s’est inspiré du psaume 18, proposé par la liturgie. Dans cette prière, « nous avons répété: “les cieux narrent la gloire de Dieu”: sa gloire, sa beauté, l’unique beauté qui demeure pour toujours ». Au contraire, « les deux lectures — aussi bien celle du livre de la Sagesse (13, 1-9), que celle de l’Évangile (Lc 17, 26-37) — nous parlent de gloires humaines, même d’idolâtrie ». En particulier, « la première lecture parle de la beauté de la création : elle est belle ! Dieu a fait de belles choses ! ». Mais immédiatement, « il souligne l’erreur, la faute de ces gens qui, dans ces belles choses, n’ont pas été capables de regarder au-delà, c’est-à-dire vers la transcendance ». Oui, ce sont sans aucun doute des choses « belles en elles-mêmes, elles ont leur autonomie de beauté dans ce cas », mais ces hommes « n’ont pas reconnu que cette beauté est une marque d’une autre beauté plus grande qui nous attend ». C’est la « beauté de Dieu ». Cependant, on lit dans le livre de la Sagesse que ces hommes « fascinés » par la beauté des « choses créées par Dieu ont fini par les prendre pour des “dieux”. C’est précisément “l’idolâtrie de l’immanence” ». Ils ont pensé que « ces choses sont sans au-delà et qu’elles sont si belles que ce sont des dieux », justement. Mais ainsi, « ils se sont attachés à cette idolâtrie ; ils sont frappés de stupeur par leur pouvoir et leur énergie ». Sans penser, au contraire, « à la grande supériorité de leur souverain, parce que Celui qui les a créées est principe et auteur de la beauté ». « C’est une idolâtrie que de regarder les nombreuses beautés sans penser qu’il y aura un crépuscule », mais « le crépuscule aussi a sa beauté ». Et nous courons tous « le danger » d’avoir « cette idolâtrie d’être attachés aux beautés d’ici-bas, sans la transcendance ». C’est justement « l’idolâtrie de l’immanence: nous croyons que les choses sont comme elles sont, qu’elles sont presque divines, qu’elles ne finiront jamais ». Et « nous oublions le crépuscule ». « L’autre idolâtrie est celle des habitudes ». Dans l’extrait évangélique du jour, « Jésus, en parlant du dernier jour, précisément du crépuscule, dit : “Et comme il advint aux jours de Noé, ainsi en sera-t-il encore aux jours du Fils de l’homme : On mangeait, on buvait, on prenait femme ou mari, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche” ». En somme, « tout est habituel, la vie est ainsi : nous vivons ainsi, sans penser au déclin de cette façon de vivre ». Mais « cela aussi est une idolâtrie : être attaché aux habitudes, sans penser que cela prendra fin ». Et « l’Église nous fait regarder la fin de ces choses ». Ainsi, « même les habitudes peuvent être pensées comme des dieux ». Donc, « l’idolâtrie » consiste à penser que « la vie est ainsi », au point d’avancer par habitude. Et « de même que la beauté finira dans une autre beauté, notre habitude finira dans une éternité, dans une autre habitude. Mais il y a Dieu ! ». Voilà alors que « l’Église nous prépare, cette semaine, à la fin de l’année liturgique et nous fait penser précisément à la fin des choses créées ». Oui, « elles seront transformées, mais il y a un conseil que Jésus nous donne dans cet Évangile d’aujourd’hui : “Ne pas revenir en arrière, ne pas regarder en arrière” ». Et « prendre l’exemple de la femme de Lot ».

 



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