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PAPE FRANÇOIS

MÉDITATION MATINALE
EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

Lundi 16 novembre 2015

 

(L'Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 48 du 26 novembre 2015)

Carte d’identité aux enchères

Une invitation à ne pas mettre « aux enchères notre carte d’identité » chrétienne, à ne pas nous conformer à l’esprit du monde qui, lorsqu’il réussit à prévaloir, conduit à l’apostasie et à la persécution. Le Pape a entièrement consacré sa réflexion à la première lecture, tirée du premier livres des Maccabées (1, 10-15.41-43.54-57 62-64), résumant son contenu « par trois mots: mondanité, apostasie, persécution ». À ce propos, le Pape a décrit « la phénoménologie de la racine », qui « grandit, grandit toujours », même quand — comme dans le cas du passage analysé — elle peut sembler une « racine raisonnable : “Allons, faisons alliance avec les nations qui nous entourent; pourquoi tant de différences ? Car depuis que nous nous sommes séparées d’elles, bien des maux nous sont arrivés. Allons vers elles, nous sommes pareils” ». « Certains peuples prirent l’initiative et allèrent chez le roi qui leur donna la faculté d’introduire les coutumes païennes. Où ? Dans le peuple élu, c’est-à-dire dans l’Église de cette époque ». Mais dans cette action, « il y a la mondanité. Nous faisons ce que fait le monde, la même chose : nous mettons aux enchères notre carte d’identité ; nous sommes semblables à tous ». À cet égard, François a confié qu’il a toujours été frappé par le fait « que le Seigneur, au cours de la dernière Cène, priait pour l’unité des siens et demandait au Père qu’il les libère de tout esprit du monde, de toute mondanité, parce que la mondanité détruit l’identité ; la mondanité conduit à la pensée unique, il n’y a pas de différence ». Et la première conséquence de cela est l’apostasie. Le Pape l’a démontré en poursuivant la lecture du passage : « Ensuite, le roi prescrivit dans tout son royaume que tous ne forment qu’un seul peuple — la pensée unique, la mondanité — et que chacun abandonne ses propres coutumes. Tous les peuples s’adaptèrent aux ordres du roi ; même de nombreux israélites acceptèrent son culte : ils sacrifièrent aux idoles et profanèrent le sabbat ». C’est donc « l’apostasie. C’est-à-dire la mondanité, la mondanité conduit à la pensée unique et à l’apostasie. On ne permet pas, on ne permet pas les différences ». On finit par devenir « tous pareils. Et dans l’histoire de l’Église, dans l’histoire nous l’avons vu, je pense à un cas, on a changé leur nom aux fêtes religieuses — le Noël du Seigneur a un autre nom — pour effacer l’identité ». En outre, il ne faut pas oublier, semble dire la lecture, qu’à l’apostasie suit la persécution. « Le roi construisit l’abomination de la dévastation sur l’autel. Dans les proches villes de Judée, ils érigèrent aussi des autels et brûlèrent de l’encens aux portes des maisons et sur les places ; ils déchiraient les livres de la loi qu’ils réussissaient à trouver et les jetaient au feu. Si l’on trouvait chez quelqu’un le livre de l’alliance et si quelqu’un obéissait à la loi, la sentence du roi le condamnait à mort ». Voilà précisément « la persécution », qui « commence par une racine », même « petite et qui finit dans l’abomination de la désolation ». Du reste, « c’est la tromperie de la mondanité ». C’est pourquoi, lors de la dernière Cène, Jésus demandait au Père : « Je ne te demande pas de les ôter du monde, mais protège-les du monde », c’est-à-dire « de cette mentalité, de cet humanisme, qui vient prendre la place de l’homme véritable, Jésus Christ » ; de cette mondanité « qui vient nous enlever l’identité chrétienne et nous conduit à la pensée unique : “Tous font ainsi, pourquoi pas nous ?” ». Voilà alors l’actualité du passage d’aujourd’hui, qui « à notre époque, doit nous faire penser » à notre identité. Il faut se demander: « Est-elle chrétienne ou mondaine ? Est-ce que je me dis chrétien car étant enfant j’ai été baptisé ou je suis né dans un pays chrétien, où tous sont chrétiens ? ». Il s’agit en somme d’une exhortation à rester loin « de la mondanité » et à demander dans la prière, en particulier, que l’Église soit protégée « de toute forme de mondanité. Que l’Église ait toujours l’identité disposée par Jésus Christ; que nous ayons tous l’identité » reçue dans le baptême; « et que cette identité ne soit pas jetée dehors » uniquement pour vouloir « être comme tous, pour des raisons de “normalité” ».

 



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