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MESSAGE PONTIFICAL
DU CARDINAL AGOSTINO CASAROLI,
AU NOM DU SAINT-PÈRE,
À L'OCCASION DU « RASSEMBLEMENT-PÈLERINAGE »
DES ANCIENS COMBATTANTS PRISONNIERS DE GUERRE À LOURDES

Lundi 17 septembre 1979

 

Informé du déroulement de votre quatrième « Rassemblement- pèlerinage » à Lourdes et de votre désir de recevoir un témoignage de sa sollicitude, le Saint-Père m’a chargé de vous assurer qu’il était de tout cœur avec vous, et de vous exprimer ses encouragements.

Voici quarante ans déjà, vous viviez sans doute la plus grande épreuve de votre vie : la guerre, la captivité, suivies de la réadaptation en votre cher pays à la vie professionnelle et familiale. Et vous connûtes ensuite une longue période de reconstruction matérielle, d’essor démographique, de croissance économique, et aussi un certain réveil religieux. Aujourd’hui, alors que votre vie avance, vous voyez surgir et se multiplier de nouveaux problèmes de société qui semblent extrêmement difficiles à résoudre. Il est possible que vous éprouviez la tentation du désabusement et du repli sur vous-mêmes, bien que votre grand Rassemblement lourdais soit un succès et manifeste la solidité de vos liens d’amitié.

Précisément, le Pape Jean-Paul IIest heureux de vous encourager à demeurer les témoins convaincus et actifs des valeurs humaines et chrétiennes, approfondies et vécues au cours des années 1939-1945, et bien après sans doute.

Vous gardez tous le souvenir de vos souffrances physiques et morales. Vous savez par expérience que la souffrance est un mal dont il faut faire reculer les limites. Cependant, vous pouvez témoigner que l’homme, et en un sens plus encore le chrétien, sont capables de faire de l’épreuve une route d’élévation morale et spirituelle, et de solidarité avec tous ceux qui souffrent. Aux générations qui montent dans une société qui s’égare sur les fausses pistes d’une liberté sans contrôle et d’une jouissance souvent dégradante, vous pouvez et vous devez indiquer avec force et sérénité d’autres chemins de grandeur. Plus que votre avoir, laissez aux jeunes de ce temps l’héritage de votre sagesse d’hommes mûris et valorisés par l’épreuve.

Le Saint-Père compte aussi sur vous pour œuvrer à la paix sociale et mondiale. Pendant la guerre et la captivité, et par la suite, vous avez médité sur les horreurs et les conséquences des conflits armés. Veillez donc à apporter votre contribution personnelle et collective à l’élimination des causes de la guerre : la haine qui habite les cœurs, le racisme multiforme, les idéologies totalitaires, les déséquilibres économiques, la multiplication et le commerce des armes, etc. Il y a place pour vous sur l’immense chantier de la civilisation de l’amour, la seule qui soit digne de l’homme et conforme au plan de Dieu.

Enfin, la longue épreuve des camps de captivité fut, pour un grand nombre, l’occasion d’une expérience religieuse, singulièrement favorisée par la présence amicale et la disponibilité des prêtres prisonniers, auxquels le Saint-Père est heureux de rendre hommage. Il souhaite vivement que ces souvenirs lointains réveillent et stimulent votre recherche de Dieu, et que chacun de vous ouvre toujours davantage les portes de son esprit et de son cœur au Christ rédempteur, sauveur de tout homme et de tout l’homme. Un tel témoignage, assurément varié dans son expression, sera source de paix et de joie évangéliques pour vous-mêmes, et contribuera à l’avènement d’une société conforme au projet de Dieu et donc meilleure pour tous ceux qui prennent le relai de vos responsabilités.

Puisse l’espérance selon l’Évangile, donnée aux baptisés pour marcher sur les routes du monde à travers les espoirs et les désespoirs terrestres, animer de plus en plus tous ceux qui entendent ou lisent ce message ! À ce souhait et à cette prière ardente, le Saint-Père est heureux de joindre sa Bénédiction apostolique.

En transmettant à tous les participants au troisième Congrès des Anciens Combattants et prisonniers de guerre les sentiments et le soutien de Sa Sainteté, je les prie moi-même d’agréer l’assurance de mon très cordial dévouement.

 

Agostino, cardinal CASAROLI

 



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