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Discurso al Embajador del PERÚ,
Excmo. Sr. Don Hubert Wieland ALZAMORA
*

17 de octubre de 1987
 
 

1. J'ai écouté avec plaisir les paroles aimables que vous m'avez adressées au moment de la remise des Lettres qui vous accréditent comme Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de la République du Pérou près le Saint-Siège, elles m'ont permis, une fois de plus, de constater l'affection filiale qu'éprouvent a l'égard du Successeur de Pierre, les fils de cette noble nation que j'ai eu la joie de visiter pastoralement.           

Je désire aussi vous remercier vivement pour les sentiments de stricte adhésion et de sympathie que vous avez exprimés et de même pour le déférent salut que Votre Excellence a bien voulu me transmettre de la part de Monsieur le Président Alan Garcia Pérez. Puis, en vous souhaitant cordialement la bienvenue, je tiens à vous assurer de mon soutien pour que vous puissiez mener à bien la haute mission qui vous a été confiée.
 
2. Dans votre discours vous avez fait mention de l'impérieuse nécessité d'unir les forces et les volontés pour pouvoir, en cette fin de siècle et de millénaire, établir des conditions fondamentales permettant au Pérou et aux nations-sœurs de l'Amérique latine et a tous les pays de travailler d'un esprit décidé a la construction d'un monde ou les valeurs de la coexistence pacifique et de la solidarité mutuelle sont un constant point de référence. Mais ceci exige un effort incessant pour surmonter n'importe quel système de dépendance qui empêche sa réalisation.
 
Ces valeurs sont toujours de grande actualité. Ainsi donc, il n'y a pas lieu de s'étonner si elles ont trouvé un écho chez les pasteurs et les fidèles du Pérou. Maintenant respectueuse du message de son divin Fondateur, l'Église veut être toujours plus présente en tous lieux de la terre, chez vous dans votre nation. Comme j'ai eu l'occasion de le signaler dans mon Encyclique «Dives in misericordia» la Communauté ecclésiale «partage avec les hommes de notre temps ce désir ardent et profond d'une vie juste a tous points de vue et elle n'omet pas non plus de réfléchir aux divers aspects de la justice, telle que l'exige la vie des hommes et des sociétés» (n. 12).           

A cet égard, l'Église observe avec vif intérêt l'action des plus hautes autorités de l'État tendant à garantir à tous les niveaux le bien commun et à déraciner toute violence, une tâche à laquelle elles n'entendent nullement renoncer. Vous avez un riche patrimoine, obtenu non sans grands sacrifices et qui mérite d'être défendu. Mais pour cela, il faut compter sur la participation honnête et loyale de tous ceux qui font partie de la grande famille péruvienne, considérant que la vie politique est, en sa plus haute expression, un exercice de droits et devoirs grâce auquel les citoyens sont appelés de manière inéluctable à travailler responsablement en vue du bien commun.
 
3. Pour atteindre de semblables objectifs, le Pérou exerce actuellement de très louables efforts pour répondre aux défis de l'heure, parmi lesquels figure au premier plan la question économique. Les difficultés qui se présentent en ce domaine sont communes à de nombreuses nations, et pas seulement dans le Continent américain. Il est certain que le fait économique est si lourd qu'il empêche un pays d'être dirigé de manière libre et responsable, même du point de vue politique et moral.           

Mais l'intention de se libérer de la dépendance interne et externe doit être réalisée conformément aux normes éthiques et non pas en fonction de simples critères relativistes qui pourraient attenter aux droits fondamentaux de la personne et même de la société. Si l'on veut qu'il mérite un tel nom, le bien commun ne pourra jamais éluder la base morale. Un chemin certainement difficile, mais il est absolument nécessaire de le suivre.           

En outre, pour que ce projet ne se réduise pas à une chimère, il faut qu'il soit accompagné de la création d'un nouveau cadre financier international où, grâce à la solidarité des nations –particulièrement de celles impliquées dans la résolution des déséquilibres actuels – l'on entreprenne les réformes convenables, si importantes pour pouvoir résoudre aussi d'autres problèmes comme la marginalisation, la violence, le sous-développement.
 
4. Tout au long de l'histoire, l'Église s'est prodiguée en faveur de la dignité de l'homme et des peuples. La «Ville des Rois» – la Ciudad de los Reyes – fut précisément un des lieux où elle a élevé la voix avec la plus grande décision pour protéger les droits légitimes des hommes, particulièrement des plus nécessiteux. Pour libérer vraiment l'homme, l'Église a toujours fait appel «aux moyens évangéliques d'une particulière efficacité sans jamais recourir à la violence ou à la dialectique de la lutte des classes» (Puebla, 485). Qu'on ne dise pas que la violence est un acte moral car, d'ou qu'elle vienne, elle est toujours un attentat contre la dignité de l'homme et doit être considérée comme un mal, et par conséquent être rejetée.           

Au seuil du Vème centenaire de l'évangélisation du Nouveau Monde l'Église du Pérou – comme les autres communautés ecclésiales de ce Continent – le «Continent de l'espérance» – se prépare à un événement si important avec profonde reconnaissance envers le Seigneur pour l'inestimable don de la foi. En parfaite harmonie avec les premiers missionnaires, parmi lesquels il convient de mentionner Saint Thuribe de Mogrovejo, insigne Pasteur de l'Archidiocèse de Lima qui s'est distingué en défendant la dignité de l'homme face à l'injustice et l'exploitation, ces Communautés étaient également présentes avec leur voix et leur témoignage dans les cœurs et dans les foyers du Pérou et de toute l'Amérique latine, faisant de la Bonne Nouvelle du Salut une joyeuse réalité.
 
Monsieur l'Ambassadeur, en vous renouvelant mes meilleurs vœux pour l'heureux accomplissement de la haute mission que vous entreprenez en ce moment, je veux vous assurer de mes prières au Tout Puissant, par l'intercession de Notre Dame-du-Rosaire, pour qu'il vous assiste toujours de ses bienfaits, vous et votre honorable famille, ainsi que les autorités de votre noble pays et de même le bien-aimé peuple péruvien auquel j'espère rendre visite, sous peu.


*L'Osservatore Romano. Edition hebdomadaire en langue française  n.48 p.10. 
 

© Copyright 1987 - Libreria Editrice Vaticana

 



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