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A

DDRESS OF HIS HOLINESS JOHN PAUL II
TO H.E. Mr MUTASIM ISMAIL BILBEISI, NEW AMBASSADOR
OF THE HASHEMITE KINGDOM OF JORDAN TO THE HOLY SEE*

Saturday, 19 November 1994

 
 
Monsieur l’Ambassadeur,

1. Votre présence ici aujourd'hui marque un pas important dans les relations entre le Royaume hachémite de Jordanie et le Saint-Siège. Je suis particulièrement heureux de recevoir les Lettres par lesquelles Sa Majesté le Roi Hussein Bin Talal vous a accrédité comme Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire le premier après l'établissement officiel des Relations diplomatiques. Je vous demanderais de bien vouloir assurer Sa Majesté et son gouvernement de la profonde satisfaction que cela m'apporte.

Comme Votre Excellence l'a déjà mentionné, avant même l'établissement de Relations diplomatiques, il existait des rapports étroits et cordiaux entre le Royaume hachémite et le Saint-Siège. Il suffit de rappeler les nombreuses visites rendues au Vatican par sa Majesté et le Prince héritier Hassan, occasions toujours empreintes de cordialité et d'estime mutuelle, et marquées aussi par un désir commun de coopérer à la promotion des valeurs humaines fondamentales de liberté, de justice, de paix et d'harmonie.

2. Dans chaque partie du monde, on a besoin d'hommes et de femmes de bonne volonté et de courage qui seront de véritables bâtisseurs de paix. Cela est particulièrement évident au Moyen-Orient où, après des années de conflit, des pas essentiels ont été réalisés sur le chemin d'un accord. Je ne peux qu'exprimer mon admiration et mon appréciation devant les décisions prises par Sa Majesté le Roi, décisions qui n'ont pas toujours été faciles à prendre mais qui finalement ont apporté la paix avec l'État voisin d'Israël. J'exprime mon vif espoir que ce qui a été courageusement conclu par un accord entre les autorités jordaniennes et israéliennes puisse être bientôt mis en pratique pour le bien des deux pays et de leurs citoyens respectifs. Paix et coopération apporteront bien-être et stabilité sociale; elles seront donc aussi une incitation et un exemple pour d'autres relations encore marquées par la méfiance, la discrimination et la tension.

Le processus de paix a encore un chemin long et ardu à parcourir, et il n'est pas trop simpliste de dire que sa réussite dépend, plus que de n'importe quoi d'autre, d'une croissance de la confiance entre les peuples eux-mêmes du Moyen- Orient. Cette confiance est actuellement encouragée et soutenue par la sagesse et le courage des responsables de la région, et je reconnais avec joie le rôle important qu'a joué sa Majesté le Roi dans tout cela.

La paix est une valeur universelle qui doit être recherchée dans chaque partie du monde, chez tous les peuples. Combien plus encore en cette région unique, qui tient une place tellement spéciale, et égale pour tous, dans le cœur des musulmans, des juifs et des chrétiens ! La région dans laquelle Dieu se révéla lui-même à l'homme constitue pour les croyants des grandes religions monothéistes un point de référence nécessaire pour leurs identités religieuses et culturelles.

3. En un certain sens, les difficultés du processus de paix sont résumées dans les différentes approches de la question de la Ville sainte de Jérusalem. Précisément parce que la Ville sainte constitue, de la même façon, un héritage sacré pour les juifs, les chrétiens et les musulmans, ses pierres mêmes et ses monuments sont à la fois une promesse de paix et un symbole de nos différences. La position du Saint-Siège sur cette question est bien connue. Eu égard à cette partie de la ville considérée comme sacrée, il demande des garanties internationales pour la préservation de ces caractéristiques qui font qu'elle est unique au monde: les Lieux saints, la vie de ses communautés, leurs quartiers respectifs et, naturellement, le libre accès pour tous les croyants. Les religieux, hommes et femmes, sont nombreux à partager l'espoir de pouvoir bientôt rencontrer les croyants des autres religions, dans un esprit de compréhension et de coopération, pour prier ensemble à Jérusalem qui sera alors vraiment la Cité de la paix. Comme Votre Excellence l'a mentionné, Jérusalem est très chère à Sa Majesté le roi Hussein et à toute la famille royale hachémite.

Le Saint-Siège est fortement encouragé par l'intérêt et l'engagement manifestés constamment par les autorités jordaniennes dans l'encouragement à la connaissance mutuelle, au dialogue et à la coopération mutuels entre les fidèles des trois religions. Certainement, nos Relations diplomatiques nouvellement établies, et l'échange d'ambassadeurs, favorisera ces intentions, de la même façon que ce fait a déjà encouragé les citoyens catholiques de Jordanie, toujours prêts à travailler pour le progrès de la communauté nationale dans tous les domaines. Il est clair que nos Relations diplomatiques ne peuvent rester seulement une question bilatérale. Elles visent à encourager et à accroître le dialogue dans la région tout entière.

M. l'Ambassadeur, je vous exprime mes meilleurs vœux pour le succès de votre mission. Les divers dicastères du Saint-Siège seront toujours prêts à vous accueillir et à vous aider. En renouvelant l'expression de mon estime pour Sa Majesté le Roi, la famille royale et le peuple de Jordanie, j'invoque les abondantes Bénédictions de Dieu Tout-Puissant sur la nation tout entière.


*L'Osservatore Romano. Edition hebdomadaire en langue française 1995 n.2 p.7.

 

© Copyright 1994 - Libreria Editrice Vaticana

 



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