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PROFIL BIOGRAPHIQUE DE

PAUL VI

(1897-1978)

Giovanni Battista Montini, deuxième fils de Giorgio et Giuditta Alghisi, est né à Concesio (Brescia, Italie), le 26 septembre 1897, d’une famille catholique très engagée dans le domaine politique et social. Il est d’abord élève chez les jésuites, puis fréquente l’Oratoire des Philippins à Brescia. Il est ordonné prêtre le 29 mai 1920. Il obtient les diplômes en philosophie et en droit civil à Rome, en droit canonique à Milan. Attaché à la nonciature de Varsovie en 1923, il entre en 1924 à la Secrétairerie d’Etat. Il est assistant ecclésiastique du cercle romain de la Fédération universitaire catholique italienne (FUCI) et, de 1925 à 1933, assistant national. Dans les années 1920-1930, il effectue différents voyages culturels et religieux en Italie et à l’étranger.

Dans son travail au service du Saint-Siège, il est très estimé de Pie XI et de Pie XII. Le 13 décembre 1937, il est nommé substitut de la Secrétairerie d’Etat; de 1930 à 1937, il enseigne l’histoire de la diplomatie pontificale à l’université du Latran. Au cours de ces années de service diplomatique, il apporte beaucoup de soin au ministère sacerdotal et à celui de guide spirituel; il pratique la charité dans les quartiers romains et dans les Conférences de Saint-Vincent-de-Paul. Ce fut lui qui prépara le projet de l’appel à la paix, implorant mais inutile, que le Pape Pacelli lança à la radio le 24 août 1939, à la veille du conflit mondial: «Rien n’est perdu avec la paix! Tout peut l’être avec la guerre».

Durant la seconde guerre mondiale, il s’occupe de l’assistance aux réfugiés et aux juifs et il travaille à l’Office spécial d’information du Vatican. A la fin du conflit, il collabore à la création des Associations catholiques de travailleurs italiens (ACLI); il s’intéresse à l’expérience des nouveaux mouvements politiques des catholiques et raffermit les premiers pas des organisations internationales du laïcat.

Le 29 novembre 1952, il est nommé pro-secrétaire d’Etat pour les Affaires ordinaires, et le 1er novembre 1954, archevêque de Milan; il est consacré évêque le 12 décembre. Dans ce diocèse vaste et complexe, il suit de nouveaux parcours d’évangélisation pour faire face à l’immigration croissante et à la diffusion du matérialisme et de l’idéologie marxiste, surtout dans le monde du travail. Il adresse neuf lettres pastorales aux Milanais, promeut la construction de 123 nouvelles églises et conduit la plus grande Mission en ville jamais organisée dans le monde catholique. Il accomplit des voyages aux Etats-Unis, au Brésil et dans les missions ambroisiennes d’Afrique. Le 15 décembre 1958, il est le premier cardinal à être élevé à la dignité cardinalice par le Pape Jean XXIII, dont il était ami depuis 1925. Il s’implique activement dans les travaux préparatoires du Concile Vatican II et participe à cette grande assise ecclésiale, où il soutint ouvertement la ligne réformatrice.

Le 21 juin 1963, il est élu Pape et prend le nom de Paul VI. Il mène à terme trois sessions du Concile, au milieu de nombreuses difficultés, encourageant l’ouverture de l’Eglise au monde moderne et le respect de la tradition, et cherchant toujours l’union entre les Pères. En effet, dans les premiers actes de son pontificat, il voulut souligner de toutes les façons possibles la continuité avec son prédécesseur, en particulier à travers la décision de poursuivre le Concile Vatican II, qui fut rouvert le 29 septembre 1963. Il conclut les travaux conciliaires par des médiations attentives, favorisant et modérant la majorité réformatrice, jusqu’à la conclusion, célébrée le 8 décembre 1965, et précédée par la révocation réciproque des excommunications ayant eu lieu en 1954 entre Rome et Constantinople.

Il inaugure la pratique des voyages apostoliques, et se rend sur tous les continents, à commencer par la Terre Sainte, où a lieu la rencontre historique avec le patriarche orthodoxe Athénagoras. D’autres destinations importantes sont l’Inde et l’ONU (1965), Fatima et la Turquie (1967), la Colombie (1968), Genève et l’Ouganda (1969), l’Extrême-Orient, l’Australie et l’Océanie (1970); il accomplit aussi de nombreux pèlerinages en Italie. En 1965 commence un profond processus de modification des structures du gouvernement central de l’Eglise, avec la création de nouveaux organismes pour le dialogue avec les non-chrétiens et les non-croyants, l’institution du synode des évêques — qui, au cours de son pontificat tint quatre assemblées ordinaires et une extraordinaire, entre 1967 et 1977 — et la mise en œuvre de la réforme du Saint-Office.

Sa première encyclique Ecclesiam suam (1964) inaugure la méthode du «dialogue du salut» à l’intérieur de l’Eglise et avec le monde. Les autres encycliques sont: Mysterium fidei sur l’Eucharistie (1965); Mense Maio (1965) et Christi Matri (1966) pour implorer de la Vierge Marie la paix dans le monde; Populorum progressio sur le développement des peuples (1967); Sacerdotalis caelibatus sur le célibat sacerdotal (1967); Humanae vitae sur le mariage et sur la régulation des naissances (1968).

Il veillera à l’application les documents du Concile et en poursuivra les réformes, mettant en place un enseignement magistral au service de la paix.

Il a beaucoup souffert des crises qui, à plusieurs reprises, ont assailli, dans ces années-là, le corps de l’Eglise; mais il y répondra par une transmission courageuse de la foi, garantissant la solidité doctrinale à une période de bouleversements idéologiques (Année de la Foi 1967-68, et Credo du peuple de Dieu, 1968). Il a révélé une grande capacité de médiation dans tous les domaines, et a été prudent dans les décisions, tenace dans l’affirmation des principes, compréhensif pour les faiblesses humaines.

Engagé dans la tâche difficile de réaliser et d’appliquer les indications apparues lors du Concile, il accéléra le dialogue œcuménique à travers des rencontres et des initiatives importantes. L’élan rénovateur dans le domaine du gouvernement de l’Eglise se traduisit ensuite dans la réforme de la Curie en 1967, de la cour pontificale, en 1968 et du conclave en 1970 et 1975. Dans le domaine de la liturgie également, il accomplit une œuvre de médiation patiente pour favoriser le renouveau recommandé par le Concile Vatican II, sans toutefois réussir à éviter les critiques des fronts ecclésiaux les plus avancés et l’opposition tenace des conservateurs, parmi lesquels l’archevêque français Mgr Marcel Lefebvre, suspendu a divinis en 1976.

Au cours du pontificat, il développa en outre de façon considérable l’action diplomatique et la politique internationale du Saint-Siège, en se prodiguant de toutes les façons possibles pour la paix — grâce notamment à l’institution d’une Journée mondiale spécifique célébrée depuis 1968 le 1er janvier de chaque année — et en poursuivant le dialogue avec les pays communistes d’Europe centrale et orientale (appelée Ostpolitik), commencé par Jean XXIII.

En 1970, à travers une décision sans précédent, il déclara docteurs de l’Eglise sainte Thérèse d’Avila et sainte Catherine de Sienne. Et en 1975 — après le jubilé extraordinaire tenu en 1966 pour la conclusion de du Concile Vatican II et l’Année de la foi célébrée entre 1967 et 1968 pour le dix-neuvième centenaire du martyre des saints Pierre et Paul — il proclama et célébra une Année sainte.

Lors de ses différentes visites au monde du travail, et avec la Lettre apostolique Octogesima adveniens (1971), il a montré l’attention vigilante de l’Eglise qui prend part aux problèmes sociaux. Il a étudié de nouvelles voies pour l’inculturation de la foi (Exhortation apostolique Evangelii nuntiandi, 1975), dans une participation attentionnée aux souffrances des pauvres. Il a défendu les valeurs de la famille et de la vie, contre le divorce et l’avortement. Il a fait face aux tensions politiques et sociales qui, dans plusieurs nations, ont culminé avec le terrorisme, auquel il opposera des interventions pleines de tristesse, qui ont ému le monde entier.

D’un caractère réservé, humble et gentil, il avait une âme confiante et sereine, et une exceptionnelle sensibilité humaine. Homme de spiritualité profonde — basée sur les Ecritures, les Pères de l’Eglise et les mystiques — il a manifesté une foi forte, une espérance invincible, une charité quotidienne vécue dans la discrétion et la sobriété personnelle. Sa prière, enracinée dans la Parole de Dieu, dans la liturgie, dans l’adoration du Saint-Sacrement, était fondée sur le christocentrisme et sur une grande et exemplaire vénération de la Vierge Marie (Exhortation apostolique Marialis cultus, 1974).

Dès les débuts de son ministère, il a été plein de zèle pour les jeunes, leur indiquant, ainsi qu’à tous les fidèles, les chemins de la joie de la foi (Exhortation apostolique Gaudete in Domino, 1975) et de la «civilisation de l’amour» (Année Sainte 1975).

Il est mort à Castel Gandolfo, le 6 août 1978, après une brève maladie, tandis qu’il récitait le Notre-Père. Il avait écrit des Pensées sur la mort et un Testament qui restent des chefs d’œuvres de spiritualité et d’amour de l’Eglise. Le 11 mai 1993 a été lancée dans le diocèse de Rome la cause de canonisation. Benoît XVI a déclaré l’héroïcité de ses vertus le 20 décembre 2012. Le 9 mai 2014, le Pape François a autorisé la Congrégation pour les causes des saints à promulguer le décret concernant le miracle attribué à son intercession. François l’a élevé à l’honneur des autels le 19 octobre 2014.


Tiré de L'Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n°043 du 23 octobre 2014.

 



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