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MESSAGE DU PAPE PAUL VI
AUX VEUVES EN PÈLERINAGE INTERNATIONAL À LOURDES

Lundi 15 mai 1967

 

Nous sommes en esprit au milieu de vous, chères filles, veuves rassemblées de plusieurs nations en pèlerinage international à Lourdes. C’est une joie pour Notre cœur paternel de penser que cette rencontre aux pieds de la Grotte bénie de Massabielle va vous permettre de vous connaître les unes les autres, de mettre en commun les richesses humaines et spirituelles dont chacune de vous est porteuse, de trouver dans la prière commune et dans l’échange amical la force nécessaire pour surmonter votre épreuve. Vous sentirez se raffermir en vous, Nous en sommes sûr, la certitude que l’amour est plus fort que la mort, que votre vie a un sens et que vous êtes appelées, vous aussi, à jouer votre rôle irremplaçable au sein du monde comme de l’Eglise.

Notre Prédécesseur Pie XII, de vénérée mémoire, vous le disait déjà dans un mémorable discours (cf. L’Osservatore Romano du 17 septembre 1957), et ses paroles lumineuses et réconfortantes n’ont rien perdu de leur actualité.

Nous voudrions, quant à Nous, au seuil de «l’année de la foi», que Nous avons proclamée pour commémorer le XIXème centenaire du martyre des apôtres Pierre et Paul, vous inviter à méditer sur le sens de votre vie à la lumière de la foi chrétienne.

L’épreuve qui est la vôtre, et qui ne peut être surmontée que par une remise totale de soi-même entre les mains de Celui qui est Notre Père des Cieux, constitue en effet comme une invitation à approfondir et à purifier votre foi.

Si tout chrétien, quel que soit son état de vie, doit vivre de cette foi et essayer d’y progresser sans cesse (cf. L’Osservatore Romano du 23 février 1967), il se trouve cependant, au sein de l’Eglise, des fidèles qui, en raison de conditions ou de circonstances particulières, sont appelés à donner un témoignage plus éclatant et plus manifeste de leurs croyances. Vous êtes, chères filles, au premier rang de ces «âmes privilégiées» auxquelles le Seigneur demande ce supplément, ce surcroît de foi!

Il vous faut, en effet, triompher des doutes et du désarroi qui ont pu s’emparer de vos cœurs et de vos esprits après la disparition, souvent brutale et tragique, d’un être cher qui, dans la plupart des cas, «. . . fut le centre de votre affection, l’idéal de votre vie, la force calme et douce sur laquelle il était si rassurant de s’appuyer . . .» (cf. Pie XII, discours cité). Et il vous est demandé de présenter le vrai visage de la foi, avec toute la force de son rayonnement, à ceux et celles qui vous entourent ou sont en relation avec vous.

Bien plus, n’êtes-vous pas comme le symbole de l’Eglise elle-même qui, tel un «veilleur attendant l’aurore», se sait étroitement unie à son Epoux du Ciel, à son Chef et Seigneur, dans l’espérance ferme et sereine du jour où elle le verra enfin venir à elle et où elle sera à jamais à lui?

Ce témoignage de la foi, vous aurez à cœur de le donner en premier lieu à celles qui connaissent la même épreuve que vous. Vous serez donc les apôtres des autres veuves, spécialement de celles qui ne croient pas ou ne croient plus, de celles que leur détresse a éloignées de Dieu et de l’Eglise. Mais vous saurez être aussi, dans l’esprit du récent Concile, les messagères du Christ auprès de ceux et celles que vous pourrez rencontrer sur le chemin de votre vie. Tous les chrétiens sont collectivement chargés de gagner tous les hommes au Christ. Toute l’Eglise est engagée au service de toute l’humanité. Votre baptême vous a agrégées au peuple de Dieu, vous vous devez donc d’être, vis-à-vis de vos frères et sœurs chrétiens, la «lumière du monde», le «sel de la terre», le «levain dans la pâte».

Nous savons - et Nous Nous en réjouissons - que des mouvements et groupements spirituels se sont constitués, qui vous offrent un lieu de rencontre amicale, de réflexion doctrinale et de progrès spirituel, et vous insèrent davantage dans le grand élan actuel de renouveau de l’Eglise, plus que jamais consciente de sa mission de porter à tout homme la bonne nouvelle du salut. Nous félicitons ceux et celles qui s’emploient à rendre efficaces ces associations, et notamment vos zélés aumôniers, et Nous les assurons de Nos meilleurs encouragements.

Voilà, chères filles, ce que Notre coeur de père voulait vous confier. C’est bien volontiers que Nous invoquons sur toutes celles qui participent au pèlerinage de Lourdes, comme aussi sur toutes les veuves du monde entier, une particulière abondance de grâces, et que Nous accordons aux unes et aux autres une paternelle Bénédiction Apostolique.

                                          



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