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DISCOURS DU PAPE PAUL VI
AUX MEMBRES ET AUX CONSULTEURS DU
SECRÉTARIAT POUR LES NON-CHRÉTIENS

Mercredi 25 septembre 1968

 

Il Nous est particulièrement agréable de recevoir une représentation aussi distinguée des Membres et des Consulteurs du Secrétariat pour les non-Chrétiens, tandis que vous vous préparez à tenir ici à Rome de laborieuses journées d’études, sous la direction sage et dévouée de Son Eminence le Cardinal Marella et de ses collaborateurs immédiats.

Votre haute compétence scientifique, votre expérience qualifiée et votre prudence Nous ont encouragé à vous demander votre précieuse collaboration, dans une œuvre qui se révèle toujours plus nécessaire et plus urgente dans la vie de l’Eglise aujourd’hui. Nous voulons parler de la connaissance, de la compréhension, du dialogue et de la collaboration des Chrétiens avec les adeptes des grandes religions non chrétiennes, dans un esprit de loyauté et de fidélité aux principes de la foi et en même temps de respect et d’estime pour leurs propres valeurs morales et spirituelles. Ainsi croîtra et s’affermira toujours davantage la fraternité de la famille humaine et deviendra effectif l’idéal de l’union de tous les hommes dans la lumière de Dieu.

Voici bientôt quatre ans, à la Pentecôte de 1964, Nous manifestions Notre volonté de donner vie à un Secrétariat pour les non-Chrétiens. Nous sommes heureux aujourd’hui de constater, pour en avoir suivi la marche avec assiduité et de près, les progrès intéressants obtenus avec l’aide de Dieu. Le Secrétariat a trouvé de plus en plus clairement l’objet spécifique et formel de son activité, à savoir l’Homme religieux, véritable fondement de notre fraternité, cet homme qui, «interiori instinctu», - pour adopter les mots de Saint Thomas (S. Th., III, q. 60, art. 5, ad 3) - est orienté profondément vers Dieu et le cherche, même inconsciemment, «non passibus corporalibus» - pour reprendre les paroles du Docteur Angélique, - «sed affectibus mentis» (S. Th., I, q. 3, art. 1, ad 5), et ‘cela à travers des formes culturelles et religieuses qui, «quoiqu’elles diffèrent en beaucoup de points de ce que (l’Eglise) tient et propose, cependant apportent souvent un rayon de la vérité qui illumine tous les hommes» (v. Nostra aetate, 2).

Nous Nous réjouissons aussi de voir que le Secrétariat a su s’organiser et s’insérer harmonieusement dans le cadre de l’activité multiple de l’Eglise, en collaborant avec les autres Dicastères de la Curie Romaine, tout en conservant l’autonomie nécessaire à sa fin spécifique; et surtout qu’il a déjà rendu service, par ses conseils et ses publications, aux évêques et en particulier aux Eglises plus directement concernées, si l’on peut dire, par la rencontre avec les non-chrétiens. Le Secrétariat doit s’affirmer ainsi dans l’Eglise comme un signe visible et institutionnel du dialogue avec les non-chrétiens, et mener une action qui inspire, stimule, guide, et dans la mesure du possible, coordonne, sur ce terrain délicat, où il faut prévenir tout danger d’irénisme et de syncrétisme, et écarter toute fausse idée d’égale valeur des diverses religions.

Et maintenant, après un bilan de l’action déjà exercée, vous allez consacrer deux journées d’étude à une recherche approfondie de l’œuvre à réaliser, du moins de ce dont vous ressentez le plus l’urgence aujourd’hui, dans les domaines de la pensée et de l’action, dans l’Eglise comme au-delà de son cadre visible. Vous en êtes bien convaincus, c’est une grande œuvre que la vôtre, et le Vicaire du Christ vous invite à l’entreprendre ensemble avec hardiesse, suivant les directives que le Secrétariat vous propose, assurés que votre travail de réflexion et votre attitude pourront être un exemple et un stimulant pour les autres et préparer un style concret de pensée et d’action pour toute l’Eglise.

Puisse votre travail faire resplendir de plus en plus dans le monde la lumière de Dieu qui brille sur le visage du Christ (2 Cor. 4, 6). Et que les chrétiens apprennent à leur tour à connaître et à estimer justement «quelles richesses Dieu, dans sa munificence, a dispensées aux nations» (Ad gentes, 11). Vous apporterez ainsi votre collaboration personnelle au dessein de Dieu dans l’histoire, avec conscience et en toute humilité, même si vous n’en constatez pas encore les fruits et le succès sur terre. Il Nous faut certes témoigner de la patience, de la foi et du détachement que nous enseigne Jésus dans l’Evangile (cfr. Matth. 4, 26-29). Mais le Seigneur, qui Nous a confié tant de «talents», ne saurait non plus souffrir que nous les laissions en friche. (Cfr. Matth. 25, 14-30).

Que la grâce du Saint-Esprit vous assiste dans cet effort inlassablement repris chaque jour! Que l’assurance de Notre estime et de Notre intérêt vous encourage! Et que Notre paternelle Bénédiction vous accompagne!

     



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