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DISCOURS DU PAPE PAUL VI
POUR LA CÉLÉBRATION DU CINQUANTENAIRE
DE L’UNION CATHOLIQUE INTERNATIONALE DE LA PRESSE

Vendredi 7 octobre 1977

 

Nous sommes heureux de Nous associer à la célébration du cinquantenaire de l’Union Catholique Internationale de la Presse. Si un tel anniversaire peut apparaître comme une étape de longévité pour les personnes, il est plutôt un signe de jeunesse pour une association. Il n’en est pas moins l’occasion d’évoquer les grands événements qui ont marqué et souvent bouleversé la vie du monde ces cinquante dernières années. Cela aura été le mérite et l’honneur de votre association d’avoir aidé ses adhérents à porter, sur une actualité souvent troublée et déconcertante, la lumière d’un regard chrétien.

Nous remercions avec vous le Dieu de toute grâce pour ce jubilé qui vous rassemble dans la célébration des bienfaits reçus de Lui. Nous retrouvons dans le thème de méditation de votre rencontre celui qui animait la récente Année Sainte, Jubilé de l’Eglise universelle: renouveler et vivifier tous les liens qui unissent les hommes entre eux et avec Dieu.

En choisissant en effet comme sujet de vos délibérations «Une presse pour l’homme: la relation entre le journal et le lecteur», n’est-ce pas la recherche de ces liens que vous poursuivez, de ces liens qui donnent à la presse le sens authentique de sa mission? Permettez-Nous d’apporter notre contribution à votre réflexion à ce sujet.

La relation des journalistes avec les lecteurs repose d’abord, Nous semble-t-il, sur le souci de correspondre au droit primordial des usagers : celui d’être formés à appréhender eux-mêmes le mieux possible la vérité. C’est dire que le journaliste rejoindra d’autant mieux le bien des lecteurs qu’il aura d’abord cherché, dans ses propres enquêtes, à mieux cerner les réalités de la vie des personnes, les différentes faces des événements, la complexité des problèmes en cause.

Il est aussi de la responsabilité du journaliste, dans la présentation de son information, de prendre en considération les centres d’intérêt des lecteurs, leurs besoins réels et leurs aspirations profondes de citoyens et, pour un grand nombre, de croyants et de chrétiens. C’est en cela que consistent le véritable respect et le véritable service du lecteur.

Et pourtant ce souci de proximité s’accompagne d’un risque qu’il est peut être plus difficile que jamais au journaliste d’aujourd’hui d’éviter, sous la pression d’intérêts souvent démagogiques ou commerciaux: celui de ne flatter que des besoins superficiels, des curiosités malsaines ou des sentiments sectaires, parce que, dit-on, cela plaît à la clientèle à laquelle on s’adresse.

Il vous revient à vous, journalistes catholiques, d’ouvrir à ce qui vaut la peine d’être connu et apprécié, même souvent au-delà de l’horizon habituel; de faire découvrir, par exemple, les aspects exaltants et les signes d’espérance des événements, de faire comprendre aussi la vie de l’Eglise, si souvent mal perçue de la grande presse profane.

En empruntant de tels chemins, les journalistes catholiques rejoignent d’une certaine manière le plan de Dieu.

Non seulement sur le plan moral, en ce sens que l’approche et la connaissance de la vérité, la solidarité des efforts, la communion des esprits et des cœurs répondent à la volonté de Dieu sur les hommes, mais au niveau même du mystère de Dieu et de l’économie de la Révélation, car Dieu s’est fait connaître et a réalisé le salut surnaturel des hommes à travers des événements et des paroles intimement liés entre eux (Cfr. Dei Verbum, 2). Dieu a suscité une communication de cette Parole entre les personnes: il a constitué un Peuple assidu à le lire, à méditer et à mettre en œuvre sa Parole. Dans cette Histoire sainte, tout est message transmis, accueil du témoignage, dialogue. Ne pourrait-on pas dire que la Bible est comme le «Journal» de l’Alliance de Dieu avec l’Humanité? En contribuant à ce que la presse devienne l’un des lieux privilégiés où se discernent avec plus de clarté les signes des temps, les journalistes catholiques se mettent sans nul doute au service de cette grande pédagogie divine.

C’est notre vœu le plus cher que, en cette année de son cinquantenaire, l’Union Catholique Internationale de la Presse accentue tous les efforts déjà entrepris en ce sens. Qu’elle apporte en particulier son aide à la presse catholique et aux journalistes catholiques dans les pays où l’Eglise dispose de moyens limités pour les soutenir. A cet égard aussi votre association peut et doit être instrument de communion et de solidarité.

En appelant sur les travaux de votre Congrès les grâces du Seigneur, Nous vous envoyons de tout cœur, à vous, Monsieur le Président, aux responsables et adhérents de l’UCIP comme à tous ceux qui bénéficient de son action, Notre paternelle Bénédiction Apostolique.

Du Vatican, le 7 octobre 1977.

PAULUS PP. VI



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