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LETTRE DU PAPE PIE X

À NOTRE CHER FILS JEAN LEROLLE, PRESIDENT,
ET À NOS CHERS FILS, LES MEMBRES DU COMITÉ GENERAL
DE L'ASSOCIATION CATHOLIQUE DE LA JEUNESSE FRANÇAISE À PARIS*

 

Chers fils, salut et bénédiction.

Votre dévouement pour Notre personne et votre obéissance au Siège Apostolique Nous étaient déjà bien connus; Nous en avons un nouveau témoignage dans la lettre récente par laquelle vous Nous annoncez le congrès national que votre association va bientôt tenir à Bordeaux. Et ce n'est pas seulement cette preuve dé respect et de soumission qui Nous a réjoui: c'est la nouvelle même du congrès.

Nous voyons que le projet est approuvé et encouragé par nombre d'évêques et que vous devez vous réunir sous la présidence de notre cher fils le Cardinal Archevêque de Bordeaux et de nos vénérés frères les évêques d'Angers et d'Agen. Il Nous est très agréable de voir ainsi l'autorité episcopale favoriser une association qui Nous est chère et que Nous souhaitons voir estimer par tous les gens de bien.

La fin qu'elle se propose est ce qu'il y a de plus utile et même de plus nécessaire aujourd'hui: en un temps où l'hostilité contre la foi et les mœurs chrétiennes va en croissant, elle veut préserver ses membres d'un tel danger, et par eux sauver les autres jeunes gens de France, à quelque classe de la société qu'ils appartiennent.

Pour atteindre cette fin, ses moyens sont excellents: donner ouvertement l'exemple des vertus chrétiennes, se tenir en dehors des disputes et passions politiques, s'occuper avec ardeur des doctrines sociales et de leur mise en pratique, poursuivre vigoureusement son dessein par la parole, les écrits et les institutions convenables.

Il y a lieu également d'approuver votre genre d'organisation, grâc e auquel, en se multipliant par toute la France, les groupes de jeunes gens restent harmonieusement unis comme les membres d'un corps unique.

Rien n'est plus sage, Nous tenons à le dire, car c'est l'affaire de tous que le salut de toute la jeunesse nationale, et voilà pourquoi Nous estimons, chers fils, qu'il vous faut garder avec soin votre cohésion.

Continuez aussi cette pratique, dont vous vous êtes fait sagement une règle, d'avoir dans chacun de vos groupes un prêtre pieux et instruit, non seulement pour présider aux réunions religieuses, mais pour diriger les études et les discussions doctrinales. De la sorte, il vous sera facile, dans des questions qui touchent de près à la religion, d'éviter les erreurs auxquelles vous seriez exposés.

D'ailleurs, l'initiative et la sainte liberté ne seront pas entravées par la présence du prêtre; il n'est présent dans vos groupes et dans vos comités que pour y être, selon les cas, le docteur, le conseiller, le guide.

Mais ce qui fait votre plus grand mérite, c'est l'exacte obéissance avec laquelle vous suivez les prescriptions du Pontife romain sur l'action catholique sociale et le soin que vous avez, quand il s'agit de les mettre en pratique, de vous laisser guider par les évêques et les autres pasteurs; vous tiendrez avant tout à mériter cet éloge; Nous vous y exhortons fortement.

En effet, la principale raison d'attendre de votre association les fruits désirés, c'est son union étroite avec l'Église. Votre prochain congrès, qu'accompagne la faveur si marquée et l'adhésion des évêques, servira encore à resserrer cette union.

Courage donc, chers fils. À la voix bienveillante de vos pasteurs, la nôtre s'ajoute pour affermir vos âmes; cherchez comment vous pourrez, à une époque qui en a tant besoin, concerter vos efforts d'une façon plus utile à l'Eglise et à votre patrie.

Nous, cependant, dans la sollicitude particulière et les soucis où Nous sommes à l'égard de la chère France, Nous prions Dieu avec ardeur de vous soutenir des meilleurs dons de sa bonté, vous, chers fils, avec qui grandissent les espé- rances d'un meilleur avenir. Comme gag e de ces dons, Nous vous accordons très affectueusement, à vous et à toute votre association, la bénédiction Apostolique.

Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 22 Février de l'année 1907, quatrième de notre pontificat.

 

PIUS PP. X


 

*AAS, vol. XL (1907), pp. 257-259.



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