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DISCOURS DU PAPE PIE XII
AUX PARTICIPANTS AU Ier CONGRÈS INTERNATIONAL
DES SPÉCIALISTES DES MALADIES DU THORAX*

Castel Gandolfo - Vendredi 22 septembre 1950

Your's gentlemen, is a devoted, in the sense of self-consecrated group of those, who have made the whole world their debtors; and We were indeed happy to accede to the request of your President and take profit of this occasion to assure you of Our very sincere interest in your work and its success.

Dopo l'American College of Chest Physicians, che ha promosso questo Congresso di altissima importanza e di potente efficacia, la Nostra gratitudine si volge al Governo italiano, e in particolar modo al Signor Ministro della Pubblica Istruzione, che lo ha così largamente favorito, all'Istituto « Carlo Forlanini », che lo ha cosi felicemente organizzato, sotto il patronato dell'Alto Commissariato per l'Igiene e la Sanità pubblica, in collaborazione con l'Istituto Nazionale della Previdenza Sociale e con la Federazione Italiana per la lotta contro la tubercolosi.

Dans de telles conditions et sous de tels auspices, vous pouviez vous attendre à une belle réponse. La réponse ! La voici, Messieurs, et combien éloquente : ce groupe d'environ quatre cents savants et praticiens, appartenant à quarante-cinq nations différentes, et au nombre desquels Nous reconnaissons plusieurs de ceux, que l'humanité salue aujourd'hui avec justice comme ses illustres bienfaiteurs dans la lutte contre l'épouvantable fléau de la tuberculose. Parmi eux Nous désirons nommer spécialement le célèbre bactériologue, Sir Alexandre Fleming, membre de Notre Académie des Sciences.

Oui, lutte tragique dans laquelle les victimes succombent en nombre incalculable. Lutte héroïque aussi contre un ennemi, qui ne cède le terrain que pied à pied, mais dont les combattants, loin de se laisser décourager par les difficultés, par la lenteur des progrès, redoublent d'efforts pour vaincre à tout prix. Lenteur au gré de leur légitime impatience, sans doute, mais qui ne peut faire méconnaître la splendide avance réalisée grâce à une constance obstinée au cours surtout du demi siècle, qui vient de s'écouler.

L'avance, en effet, s'est développée sur tout le front de la bataille: l'hygiène, la prophylaxie, le diagnostic, la microbiologie, la thérapeutique, se mobilisent tour à tour pour barrer le chemin à l'envahisseur, pour l'arrêter au plus tôt, pour le refouler, pour lui disputer jusqu'au bout ou, tout au moins, pour retarder sa victoire.

C'est une histoire émouvante que celle de votre intervention à chaque étape de la maladie. Que de fois doit revenir à votre mémoire le vieil adage : « Principiis obsta » ! Rien de lamentable comme ces hésitations, ces interminables tergiversations des sujets et de leurs familles avant de recourir à vos soins. Ils semblent espérer, en s'aveuglant devant la menace ou les signes avant-coureurs du mal, le conjurer et l'écarter. Est-il exagéré d'attribuer à ces illusions, à ces temporisations, une des plus grandes difficultés, qui s'opposent à votre action efficace ? Dans la majorité des cas, une simple colonie, mais sagement dirigée, le séjour dans un préventorium bien monté, auraient sauvé l'enfant délicat avant même l'apparition des prodromes inquiétants. Au lieu de cela, on a différé de jour en jour, de mois en mois, et quand on présente le malade au sanatorium, à la clinique, à l'hôpital, le mal, souvent, est déjà sans remède. Les premiers indices troublants commencent à se manifester; une hygiène, un régime approprié, pourraient encore avoir raison, en relativement peu de temps, de la maladie encore à ses débuts : on a laissé s'aggraver les ravages, s'étendre les lésions. S'approfondir les cavernes et, quand il est devenu impossible de s'illusionner plus longtemps, on vous demande un diagnostic, qui n'est alors que trop facile et trop clair. On se décide enfin à se tourner vers vous, mais quelles hésitations encore ! quelle pusillanimité déraisonnable fait surseoir le plus longtemps possible aux traitements, aux cures, aux opérations énergiques, qui, depuis une génération, ont fait, grâce à vos devanciers et à vous-mêmes, de merveilleux progrès. On voudrait au contraire essayer encore tous les remèdes anodins, on prête une confiance sans fondement à la première réclame de journal. En désespoir de cause, on se résigne à se livrer complètement à vous, quand il est déjà trop tard. Avec toute votre science, tout votre art et tout votre cœur aussi, sans illusion et malgré tout avec une invincible obstination, vous faites l'impossible pour desserrer les bras du spectre qui étreignent leur proie, pour retarder, faute de mieux, un dénouement désormais inévitable.

C'est pourquoi Nous ne saurions trop louer les pouvoirs publics, les Instituts de prévoyance sociale et autres, qui vous apportent, à vous médecins, le concours de leur action morale sur le public, et notamment sur les familles.

Poursuivez donc vos recherches avec une infatigable persévérance, avec une confiance inébranlable ; continuez à mettre en commun les résultats de vos travaux. Nous appelons sur vous et sur eux la bénédiction divine, avec le vœu qu'elle en assure l'heureuse efficacité.


* Discours et messages-radio de S.S. Pie XII, XII,
Douzième année de Pontificat, 2 mars 1950 - 1er mars 1951, pp. 225-227
Typographie Polyglotte Vaticane

 



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