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DISCOURS DU PAPE PIE XII
AU MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES
DU VENUEZELA,
S.E.M. JOSÉ LORETO ARISMENDI*

Samedi 23 octobre 1956

 

Il semble, Excellence, Messieurs et Mesdames, qu’un moment aussi solennel que celui-ci serait incomplet sans quelques paroles de Notre part, manifestant la satisfaction que Nous éprouvons pour votre aimable présence. Nous avons l’intention de répondre à celle-ci de la façon la plus complète, non seulement en raison de vos mérites personnels, mais aussi parce que vous représentez une nation spécialement aimée pour sa foi, nation enrichie des dons de la divine Providence et destinée à un grand avenir dans la communauté de la famille catholique et dans celle des nations.

Placé comme une couronne naturelle au centre de l’Amérique du Sud, à un pas du lien étroit qui l’unit à celle du Nord, et dans le lieu même où les immensités de l’Atlantique se resserrent comme pour pouvoir mieux jouir des innombrables beautés et des richesses de la mer des Antilles, le Venezuela est fameux par ses admirables côtes abondantes en perles, par ses plaines fécondes où se déroule l’impétueux Orénoque, par ses forêts si touffues qui couvrent comme d’un manteau les pentes de ses montagnes du nord, tandis qu’elles se teintent d’un ocre suave dans les plaines sans fin du haut plateau du sud, par son ciel lumineux, par la générosité avec laquelle son sol donne les fruits les plus estimés et les plus parfumés, par les minéraux précieux qu’il dissimule dans les entrailles de sa terre. Votre pays s’est imposé aujourd’hui à l’attention universelle par cette autre richesse que la main de Dieu a cachée, avec profusion, dans ses entrailles, cet «or noir» que la machine moderne exige et dévore, aujourd’hui, par torrents.

Ce sont des dons de Dieu certes, et des dons du Créateur d’autant plus évidents que la richesse jaillit elle-même du sol comme d’une source ; à la splendeur de ces dons, la créature doit répondre avec une égale générosité en offrant la parfaite et constante soumission de sa volonté à la loi divine, ces sentiments qui sont aussi les plus précieux de ses trésors.

Ces biens vous ont été donnés avec munificence par le Dispensateur de tout bien ; mais par cela même, ils doivent être utilisés selon son très haut dessein et de telle façon qu’ils servent non seulement au progrès matériel, mais aussi et davantage, à un développement spirituel, si vous ne voulez pas que la matière écrase l’esprit, avec toutes les funestes conséquences que cela comporte.

Ce sont des éléments très efficaces de progrès ; accordés non plus exclusivement à une personne, mais à une société, leur bienfait doit se répandre en toutes ses classes, afin que son évolution se fasse harmonieuse et bienfaisante. Cette société se rendra digne de prédilections divines si évidentes par son assiduité au travail, son respect de la moralité publique, son zèle à conserver l’intégrité et la stabilité de la famille, son effort pour assurer l’éducation civique, mais surtout religieuse et morale de ses enfants.

C’est précisément sur ce terrain que l’Eglise catholique, qui joua un rôle si important dans la formation de votre esprit, peut offrir une collaboration irremplaçable non seulement par ses centres d’éducation, mais aussi par l’instruction religieuse de votre jeunesse, à tous les degrés de l’enseignement. Et les bonnes relations qui existent entre le Siège apostolique et votre pays – relations que Nous désirons voir non seulement maintenues, mais même consolidées – Nous laissent espérer qu’il en sera ainsi, pour le plus grand bien spirituel et temporel de votre peuple.

Nous voudrions en trouver une garantie de plus, dans cette visite, Monsieur le Ministre, vous, dont la compétence est bien connue, comme aussi les nobles sentiments qui vous animent, héritage d’une famille illustre par ses traditions morales et religieuses.

Que le Seigneur bénisse donc Votre Excellence avec toute votre famille ici présente et les personnalités de votre suite. Qu’une particulière Bénédiction s’étende aussi sur Son Excellence Monsieur le Président de la République, sur vos collègues du gouvernement et sur tout le cher peuple vénézuélien, auquel Nous voulons souhaiter toujours toutes sortes de biens.


*L’Osservatore Romano. Edition hebdomadaire en langue française, n°44 p.4.

Documents Pontificaux 1956, p.652-654.

 



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