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DISCOURS DU PAPE PIE XII
AUX
PARTICIPANTS AU IVe CONGRÈS
INTERNATIONAL DE L'ORTHOCIDE*

Salle du Consistoire - Mardi 27 novembre 1956

 

Le congrès qui vous réunit à Rome, Messieurs, et qui a pour objet l'échange des informations les plus récentes sur l'étude expérimentale d'un anticryptogame acuprique, l'Orthocide 50 ou Captan, s'inscrit dans la série des manifestations destinées à promouvoir l'amélioration de l'alimentation humaine et de la production agricole en particulier. Nous sommes heureux de vous recevoir en cette circonstance et vous disons toute Notre estime et Notre bienveillance.

Les époques de guerre, si déplorables par les ravages qu'elles provoquent, ont du moins l'avantage de stimuler certaines recherches scientifiques sous la pression de besoins urgents. Ce fut le cas précisément dans le domaine qui vous intéresse, celui de la protection des cultures contre les nombreux parasites qui menacent de les dévaster. Si la fameuse « bouillie bordelaise », inventée en, 1879, rendit en cela d'inestimables services encore fort appréciés actuellement, on se trouva forcé dès la guerre de 1914, et plus encore pendant la période de 1940 à 1945, de trouver d'autres produits capables de remplacer le cuivre devenu rare et coûteux. Les développements de la chimie organique et la fabrication de produits de synthèse permirent ainsi de mettre à profit l'action fongicide de certains composés du zinc. Mais, non contents de ces acquisitions, les chercheurs vont encore de l'avant. En ce IVe Congrès international de l'Orthocide vous vous proposez de poursuivre plus en détail l'examen des résultats obtenus par l'usage de ce produit plus récent, dont on a pu établir déjà l'action anticryptogamique, entre autres, contre la peronospora de la vigne et contre les ennemis des arbres fruitiers et des cultures horticoles.

Nous souhaitons vivement que vos travaux aboutissent à des conclusions favorables et permettent ainsi aux agriculteurs de défendre plus efficacement leur production, tout en réduisant le montant de leurs frais. En ce pays où la culture de la vigne occupe une place prépondérante, un progrès de ce genre aurait sans doute de très heureuses répercussions sur l'économie agricole. Mais les différentes nations que vous représentez n'ont pas un moindre intérêt à voir augmenter leurs ressources alimentaires grâce à une meilleure défense des cultures.

La lutte incessante soutenue par l'agriculteur contre les parasites, qui menacent de ruiner le fruit de son travail, l'ingéniosité et la ténacité qu'il doit déployer pour prévenir ou limiter leurs dégâts, n'est qu'un aspect particulièrement suggestif de l'effort commun de l'humanité pour produire les biens nécessaires à sa subsistance. Si des forces naturelles d'une puissance et d'une ordonnance merveilleuses sont prêtes à répondre à l'action intelligente du travailleur, il en est d'autres indifférentes ou hostiles, non que Dieu les ait faites telles, mais parce que dans l'œuvre divine s'est introduit par la faute de l'homme un ferment de division et un principe de désordre. Et si le labeur quotidien porté avec courage devient pour l'être humain un instrument d'ennoblissement et de rédemption, il restaure aussi peu à peu dans le monde matériel la soumission à l'homme voulue par le Créateur. Entreprise de longue haleine, coupée de revers et d'échecs, en butte aux caprices et même à la mauvaise volonté de ceux qui devraient y collaborer sans réserve ! En y apportant une contribution positive, en vous faisant les auxiliaires des agriculteurs, aux prises souvent avec des conditions économiques difficiles, du fait que la société s'organise surtout en fonction de l'industrie, vous méritez leur gratitude et vous soutenez fort opportunément une activité humaine riche de contenu spirituel et des plus aptes à conserver et à accroître les valeurs morales qui font la force d'une nation.

Nous souhaitons que votre tâche devienne pour vous le moyen de rendre des services appréciés et vous procure ainsi de profondes satisfactions. Et pour que le Seigneur vous accorde son aide et répande ses faveurs sur vous-mêmes et sur ceux qui vous sont chers, Nous vous donnons bien volontiers Notre paternelle bénédiction apostolique.


* Discours et messages-radio de S.S. Pie XII, XVIII,
 Dix-huitième année de Pontificat, 2 mars 1956 - 1er mars 1957, pp. 687 - 688
 Typographie Polyglotte Vaticane

 



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