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PAPE FRANÇOIS

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA
MAISON SAINTE-MARTHE

Vendredi 2 mai 2014

 

(L'Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 23 du 5 juin 2014)

Aujourd’hui aussi on tue au nom de Dieu

Le Pape François a pleuré en apprenant la nouvelle de chrétiens qui ont été crucifiés ces jours derniers dans un pays non-chrétien. C’est ce qu’il a lui-même révélé en célébrant la Messe dans la chapelle de la Maison Sainte-Marthe. Aujourd’hui aussi, a-t-il dit, il y a des gens qui pensent s’emparer des consciences et qui ainsi «au nom de Dieu, tuent, persécutent». Et il y a des chrétiens qui, comme les apôtres, «sont heureux d’être jugés dignes de subir des outrages au nom de Jésus». Précisément cette «joie des martyrs chrétiens» est une des «trois icônes» proposées par le Pape. Des martyrs, «aujourd’hui, il y en a beaucoup: pensez que dans certains pays, on va en prison uniquement parce que l’on porte sur soi l’Evangile! On ne peut pas porter la croix, sinon on doit payer une amende! Mais le cœur est joyeux». Une icône, celle de la «joie du témoignage», qui voit précisément ensemble les apôtres avec les martyrs d’aujourd’hui. Et c’est précisément de la prédication des apôtres que le Pape a voulu parler dans son homélie, en rappelant que lorsqu’ils furent arrêtés et fouettés, ils étaient quoi qu’il en soit heureux d’avoir témoigné du Seigneur. Les deux autres icônes présentées par le Pape représentent Jésus avec tout son amour pour les personnes et «l’hypocrisie des dirigeants ecclésiastiques avec toutes leurs manigances politiques» pour opprimer le peuple. Dans le passage évangélique de Jean (6, 1-15), il est écrit que «les gens suivaient Jésus», qui dit clairement aux puissants qu’ils «attachaient des poids opprimants aux fidèles et les faisaient porter sur les épaules des gens». Des puissants qui ne tolèrent pas la douceur de Jésus, qui ne tolèrent pas la douceur de l’Evangile, ne tolèrent pas l’amour et arrivent même à payer par jalousie, par haine. Voilà, donc, «deux icônes» comparées. L’icône de Jésus ému avec les gens parce que, dit l’Evangile, il regardait les personnes «comme des brebis sans pasteur». Puis, «eux avec leurs manigances politiques, leurs manigances ecclésiastiques pour continuer à dominer le peuple». Une attitude que l’on retrouve précisément dans le passage des Actes des apôtres: «Ayant rappelé les apôtres, ils les firent fouetter et leur ordonnèrent de ne pas parler au nom de Jésus. Puis, ils les remirent en liberté». En somme, «ils devaient faire quelque chose» et ils ont décidé: «Nous leur donnerons de bons coups de bâton et puis nous les renverrons chez eux!». Ils ont commis une injustice, parce qu’ils se considéraient «patrons des consciences» et «ils se sentaient le pouvoir de le faire». Et «aujourd’hui aussi dans le monde il y en a beaucoup» qui se comportent ainsi. Précisément à ce propos, le Pape François a confié avoir pleuré en apprenant la nouvelle de «chrétiens crucifiés dans un pays non chrétien». Oui, «aujourd’hui aussi il y a des gens qui au nom de Dieu tuent, persécutent». Mais «aujourd’hui aussi, il y a des gens» avec la même attitude des apôtres qui, lit-on dans les Actes, «quittent le Sanhédrin heureux d’avoir été jugés dignes de subir des outrages au nom de Jésus». Ce sont trois icônes qu’il faut bien regarder, parce qu’elles concernent la question centrale de «notre histoire de salut». Et, au terme de sa réflexion, le Pape François a voulu les reproposer, en indiquant «Jésus avec les gens», son amour qui est «la voie qu’il a enseignée» et «sur laquelle nous devons aller».

 

 



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