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PAPE FRANÇOIS

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA
MAISON SAINTE-MARTHE

Prier pour les gouvernants

Lundi 18 septembre 2017

(L'Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 039 du 28 septembre 2017)

 

«C’est un péché à présenter en confession de ne pas prier pour les gouvernants». Et cette prière doit être faite surtout «pour ne pas laisser seuls» ceux qui ont moins de «conscience» que leur pouvoir n’est pas absolu, mais vient du peuple et de Dieu. Mais même «les gouvernants doivent prier pour demander la grâce» de servir au mieux le peuple qui leur est confié. Et s’ils ne sont pas croyants, qu’ils demandent au moins des conseils pour ne pas perdre de vue le bien commun et pour sortir, quoi qu’il en soit, du contexte autoréférentiel restreint de leur parti. C’est un véritable «manuel du bon homme politique» que le Pape François a suggéré. En commentant les lectures de la liturgie, il a immédiatement souligné qu’«au centre il y a les gouvernants». Puis, dans l’Evangile de Luc (7, 1-10), «nous avons vu un gouvernant qui prie: ce centurion est un gouvernant et il avait un problème avec un serviteur malade». Mais «il y a une phrase, là, qui attire l’attention: “Aime notre peuple”». «Cet homme ressentit le besoin de la prière, mais pourquoi?». «Parce qu’il avait conscience de ne pas être le patron de tout, de ne pas être la dernière instance». Luc rapporte les paroles du centurion romain: «Moi aussi, en effet, je suis dans la condition de subalterne, et moi aussi j’ai des subalternes qui dépendent de moi». Ce sont des paroles qui expriment «la conscience du gouvernant qui sait qu’au-dessus de lui, il y a un autre qui commande. Et cela le conduit à prier». «Le gouvernant qui a cette conscience, prie», parce qu’il a la conscience «qu’il y a un autre qui a plus de pouvoir que lui». Certes, on se demande «qui a plus de pouvoir qu’un gouvernant?». Et la réponse est «le peuple, qui lui a donné le pouvoir, et Dieu, dont découle le pouvoir à travers le peuple». «La prière du gouvernant est très importante, très importante parce que c’est la prière pour le bien commun du peuple qui lui a été confié». Et ainsi, «quand Dieu demanda à Salomon: “Que veux-tu: de l’or, de l’argent, des richesses, le pouvoir, quoi?”, quelle a été la réponse de Salomon? “Donne-moi la sagesse pour gouverner”». C’est précisément pour cela que «les gouvernants doivent demander cette sagesse: “Seigneur, donne-moi la sagesse; Seigneur, ne m’ôte pas la conscience que je suis ton subalterne et celui du peuple, que c’est là que réside ma force, et non pas dans le petit groupe ou en moi-même”». Mais, «on pourrait me dire: “Père, ce que vous dites est vrai, mais moi je ne suis pas croyant, je suis agnostique, je suis athée”». La réponse du Pape a été: «D’accord, mais confronte-toi: si tu ne peux pas prier, confronte-toi avec ta conscience, confronte-toi avec les sages; appelle les sages de ton peuple et confronte-toi». «Nous ne pouvons pas laisser les gouvernants seuls: nous devons les accompagner par la prière». Les chrétiens «doivent prier pour les gouvernants». Et dans ce cas aussi, quelqu’un pourrait objecter : «Père, comment vais-je prier pour cette personne qui a fait tant de mauvaises choses?». Mais c’est précisément alors qu’il «a encore plus besoin: prie, fais pénitence pour le gouvernant!». «La prière d’intercession est pour tous ceux qui sont au pouvoir». Et elle l’est «afin que nous puissions conduire une vie calme et tranquille». En effet, «quand le gouvernant est libre et peut gouverner en paix, tout le peuple en bénéficie». Il est donc opportun de nous demander: «Est-ce que je prie pour tous les gouvernants? Et si vous voyez, en faisant l’examen de conscience pour vous confesser, que vous n’avez pas prié pour les gouvernants, dites-le en confession. Parce que ne pas prier pour les gouvernants est un péché». En conclusion, le Pape a suggéré de demander «au Seigneur de nous enseigner à prier pour nos gouvernants» et «également la grâce que les gouvernants prient».

 



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