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PAPE FRANÇOIS

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA
MAISON SAINTE-MARTHE

Examen de conscience

Jeudi 26 octobre 2017

(L'Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 046 du 16 novembre 2017)

Certaines personnes pensent que l’habitude de «faire un examen de conscience» chaque jour est une pratique dépassée, qui n’est pas pour des «chrétiens à la page». Mais «la lutte qu’a menée Jésus contre le mal n’est pas une chose antique, c’est une chose très moderne», car elle se trouve chaque jour dans «notre cœur». Et l’examen de conscience accompagne le chrétien dans cette lutte, en l’aidant «à faire de la place à l’Esprit Saint». Tel est le conseil donné par le Pape qui, en commentant les lectures du jour, a abordé le thème de la conversion: un «chemin» qui demande une lutte et un engagement permanents. François a tout d’abord pris en examen l’Evangile de Luc (12, 49-53), dans lequel «Jésus nous dit qu’il est venu jeter le feu sur la terre». Paul aussi, en écrivant aux Romains (6, 19-23) et en s’excusant «parce qu’il utilise un langage humain», explique «qu’ils doivent changer en tout, changer leur façon de penser: “Auparavant, tu pensais comme un païen, comme un mondain, à présent tu dois penser comme un chrétien”». Donc, «la conversion concerne tout, le corps et l’âme». Et c’est un changement qui ne se fait pas «avec un maquillage: il est fait par «l’Esprit Saint». Assurément, «je dois moi-même faire quelque chose pour que l’Esprit Saint puisse agir», et c’est précisément la lutte dont parle Jésus. C’est pourquoi le Pape a souligné qu’«il n’existe pas de chrétiens tranquilles, qui ne luttent pas: ceux-là ne sont pas des chrétiens, ce sont des “tièdes”. La vie chrétienne est une lutte». «Nous devons apprendre à distinguer»: la tranquillité, en effet, «tu peux aussi la trouver avec un comprimé», comme celui que l’on prend pour vaincre l’insomnie. En revanche, «il n’y a pas de comprimés pour la paix. Seul l’Esprit Saint peut la donner et cette lutte, ce feu, t’apporte cette paix intérieure, cette paix de l’âme qui donne la force aux chrétiens». Cette lutte intérieure a été témoignée par «tant de martyrs dans l’histoire de l’Eglise», tant d’hommes et de femmes qui sont allés jusqu’à «donner leur vie», tant «de chrétiens silencieux». Mais le Pape s’est demandé: «comment aidons-nous l’Esprit Saint»? En faisant «place dans notre cœur». Voilà alors le conseil pratique suggéré par François: l’utilité de l’«examen de conscience». A la fin de chaque journée, il faut se demander: «qu’est-ce qu’il s’est passé dans mon cœur aujourd’hui? Qu’est-ce que j’ai senti? Qu’est-ce que j’ai fait? Qu’est-ce que j’ai pensé? Mes sentiments à l’égard de mes prochains, de ma famille, des mes amis, de mes ennemis: qu’est-ce que j’ai senti, ce sentiment est-il chrétien ou n’est-il pas chrétien? Et aller ainsi de l’avant». Et encore: «De quoi ai-je parlé, comment ma langue a-t-elle agi aujourd’hui? A-t-elle bien parlé ou a-t-elle dit du mal des autres?». Il s’agit d’une pratique qui «nous aide à faire place, qui nous aide à lutter contre les maladies de l’Esprit, celles que l’ennemi sème et qui sont des maladies de la mondanité». La conversion est «de se demander chaque jour: comment suis-je passé de la mondanité, du péché à la grâce, ai-je fait place à l’Esprit Saint pour qu’il puisse agir?». «Pour la conversion, deux choses sont nécessaires: la générosité, qui vient toujours de l’amour, et la fidélité, la fidélité à la parole de Dieu». La prière ensuite: «Ainsi, nous pouvons servir avec loyauté».

 



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