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PAPE FRANÇOIS

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA
MAISON SAINTE-MARTHE

Mardi 7 octobre 2014

 

(L'Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 42 du 16 octobre 2014)

Si l’on perd la mémoire

Que signifie prier? «Cela signifie faire mémoire devant Dieu de notre histoire. Parce que notre histoire» est «l’histoire de son amour pour nous». Le Pape François a choisi comme idée pour guider son homélie précisément celle de «faire mémoire». En introduisant sa réflexion, il a d’abord expliqué que souvent, la Bible rappelle «que le Seigneur a choisi son peuple et l’a accompagné au cours du chemin dans le désert, pendant toute la vie». En outre, ce que «Dieu a fait avec son peuple, il l’a fait et le fait avec chacun de nous». En effet, a-t-il poursuivi, «nous avons été choisis». Et qu’il s’agisse d’«une grâce» est si évident qu’il suffirait de se demander: «Pourquoi suis-je chrétien et pas celui-ci, qui est loin, qui n’a jamais entendu parler de Jésus?». C’est «une grâce d’amour». D’où l’invitation à «faire mémoire de cette réalité» dans la prière quotidienne. Une mémoire qui ne doit pas être abstraite, mais qui doit être faite «dans son caractère concret», comme le fait saint Paul dans la première lecture de la liturgie (Ga 1, 13-24). L’invitation à «faire mémoire» naît pour le Pape François de la constatation que cette attitude est une «habitude qui n’est pas très commune parmi nous. Nous oublions les choses, nous vivons dans le moment, puis nous oublions l’histoire». En revanche, «chacun de nous a une histoire: une histoire de grâce, une histoire de péché, une histoire de chemin». Voilà pourquoi «cela fait du bien de prier avec notre histoire». Donc «faire mémoire de sa vie signifie rendre gloire à Dieu» et aussi «faire mémoire de nos péchés, dont le Seigneur nous a sauvés, cela signifie rendre gloire à Dieu». Il suffit de penser à ce que le Seigneur dit à Marthe: «tu te soucies et t’agites pour beaucoup de choses; pourtant il en faut peu, une seule même», tandis que «Marie a choisi la meilleure part». Laquelle? «Ecouter le Seigneur et faire mémoire». Voilà pourquoi «on ne peut prier chaque jour comme si nous n’avions pas d’histoire. Chacun de nous a la sienne. Et avec cette histoire dans le cœur, nous allons à la prière». Le modèle dans ce cas est Marie; et pourtant, nous ressemblons davantage à Marthe. Le Pape François a souligné que «c’est cela la véritable prière», en suggérant qu’«humblement», on pourrait «commencer notre prière par le beau psaume 138» qui a été proclamé au cours de la liturgie de la Parole: «Seigneur, tu me sondes et me connais; que je me lève ou m’assoie, tu le sais, tu perces de loin mes pensées; que je marche ou me couche, tu le sens, mes chemins te sont tous familiers. C’est toi qui m’as formé les reins, qui m’as tissé au ventre de ma mère; je te rends grâce pour tant de prodiges merveille que je suis». Parce que — a-t-il commenté — «c’est cela, prier».

 


 


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