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PAPE FRANÇOIS

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA
MAISON SAINTE-MARTHE

Jeudi 13 novembre 2014

 

(L'Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 50 du 11 décembre 2014)

Dans le royaume de Dieu avec cinquante centimes en poche

Il y a déjà le royaume de Dieu dans la sainteté cachée de tous les jours vécue par ces familles qui arrivent à la fin du mois avec cinquante centimes en poche seulement. Mais elles ne cèdent pas à la tentation de penser que le royaume de Dieu n’est qu’un spectacle. Peut-être comme ceux qui font du sacrement du mariage une caricature, en le transformant en une foire aux vanités et de l’apparence. Le Pape François a ainsi relancé l’engagement à vivre la foi avec persévérance, jour après jour, en laissant le champ libre à l’Esprit Saint dans le silence, dans l’humilité et dans l’adoration. Et il l’a fait en reproposant les véritables caractéristiques du royaume de Dieu. C’est précisément le fait que Jésus parle tant du royaume de Dieu qui avait rendu « curieux » également les pharisiens, lit-on dans le passage de l’Évangile de Luc (17, 20-25). En effet, a observé François, « lorsque Jésus expliquait dans les paraboles comment était le royaume de Dieu, il utilisait toujours des paroles sereines, tranquilles », et utilisait « également des figures qui disaient que le royaume de Dieu était caché ». Mais le royaume est là, il n’attire pas l’attention, il est silencieux, calme ». Le royaume de Dieu est silencieux, il croît à l’intérieur. C’est l’Esprit Saint qui le fait croître à travers notre disponibilité, dans notre terre, que nous devons préparer ». Mais il « croît lentement, silencieusement ». Mais, a-t-il remarqué, « je pense à combien de chrétiens préfèrent le spectacle au silence du royaume de Dieu ». Le Pape a suggéré un bref examen de conscience pour ne pas tomber dans la tentation du spectacle, à travers de simples questions: « Mais es-tu chrétien ? Oui ! Crois-tu en Jésus Christ ? Oui ! Crois-tu dans les sacrements ? Oui ! Crois-tu que Jésus est là et qu’il vient à présent ici ? Oui, oui, oui ! ». Et alors « pourquoi ne vas-tu pas l’adorer, pourquoi ne vas-tu pas à la Messe, pourquoi ne fais-tu pas la communion, pourquoi ne t’approches-tu pas du Seigneur », afin que son royaume « grandisse » en toi ? Du reste, « le Seigneur ne dit jamais que le royaume de Dieu est un spectacle ». Certes « c’est une fête, mais c’est différent ! C’est une fête très belle, une grande fête. Et le Ciel sera une fête, mais pas un spectacle ». En revanche, « notre faiblesse humaine préfère le spectacle ». Et c’est ce qui a lieu, « dans les célébrations de certains sacrements », a-t-il dit en invitant à penser en particulier aux mariages. Au point que l’on se demande : « Mais ces gens — je ne sais pas si cela arrive ici, mais je pense à mon pays — sont venus recevoir un sacrement, faire la fête comme à Cana en Galilée ou sont-ils venus faire le spectacle de la mode, de l’apparence, de la vanité ? ». À l’opposé du spectacle, il y a « la persévérance de tant de chrétiens qui font vivre leur famille : des hommes, des femmes, qui s’occupent de leurs enfants, des grands-parents, qui arrivent à la fin du mois avec cinquante centimes seulement, mais qui prient ». Et le royaume de Dieu est là, caché dans cette sainteté de vie quotidienne, cette sainteté de tous les jours ». Parce que « le royaume de Dieu n’est pas loin de nous, il est proche ». C’est précisément « la proximité qui est l’une des caractéristiques » du royaume. Une proximité qui veut dire également « tous les jours ». Du royaume de Dieu, dont « fait partie également la souffrance, la croix, la croix quotidienne de la vie, la croix du travail, de la famille », la croix « de mener de l’avant les choses, cette petite croix quotidienne, le refus ». Ainsi, « le royaume de Dieu est humble, comme la semence, humble, mais il est grand par la force de l’Esprit Saint ». Et « c’est à nous de le laisser croître en nous, sans nous vanter ».

 



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