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PAPE FRANÇOIS

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA
MAISON SAINTE-MARTHE

Lundi 11 mai 2015

 

(L'Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 21 du 21 mai 2015)

Où est le scandale ?

« Les coptes égorgés parce que chrétiens » sont morts « avec le nom de Jésus sur les lèvres » car ils avaient compris jusqu’au bout « le scandale de la croix ». Mais « la voie du martyre » fait partie de la vie quotidienne de tout chrétien, même au sein de la famille, dans la défense des droits des personnes, dans l’expérience de la maladie. Et c’est l’Esprit Saint qui aide à savoir rendre témoignage et à accueillir « la vérité tout entière ». C’est ce qu’a affirmé le Pape François, rappelant aussi avoir téléphoné, dimanche, au patriarche copte Tawadros, à l’occasion de la journée d’amitié entre coptes et catholiques, deuxième anniversaire de la rencontre qui se déroula au Vatican le 10 mai 2013. « Dans la prière d’aujourd’hui » au début de la Messe, « nous avons demandé la grâce de rendre toujours présent, à chaque moment, la fécondité de la Pâque ». Mais « comment cette fécondité est-elle mise en œuvre ? » (Jn 15, 26-16.4). En réalité, « le Seigneur prépare ses disciples au futur ». Et « il y a un mot qui semble un peu étrange: scandaliser ». Jésus dit, d’après ce qu’en rapporte Jean : « Je vous ai dit ces choses afin que vous n’ayez pas à vous scandaliser ». La question à comprendre est : « de quel scandale parle Jésus ? Du scandale des persécutions qui auront lieu, du scandale de la croix ? ». Le Seigneur « ajoute une promesse » en disant : « Lorsque viendra le Paraclet, l'Esprit de vérité, il me rendra témoignage ». « En ce moment, l’Église nous fait beaucoup réfléchir à l’Esprit Saint: Jésus dit que l’Esprit Saint qui viendra, qu’il nous enverra, nous guidera vers la pleine vérité c’est-à-dire qu’il nous enseignera les choses que je ne vous ai pas encore enseignées, ces choses que lui doit dire et dont eux, les disciples, ne sont pas encore capables d’en porter le poids ». De plus, le Seigneur affirme aussi que « l’Esprit vous rappellera les choses que j’ai dites et qui avec la vie sont tombées dans l’oubli ». Et voilà « ce que fait l’Esprit : il nous rappelle les paroles de Jésus et nous enseigne les choses que Jésus n’a pas encore pu nous dire, car nous n’étions pas capables d’en comprendre la portée ». « Ainsi, la vie de l’Église est un chemin guidé par l’Esprit qui nous rappelle et nous enseigne, qui nous conduit à la vérité tout entière  ». Et « cet Esprit, qui est un compagnon de route, nous défend également du scandale de la croix ». Saint Paul, parlant aux Corinthiens, dit : « Mais la croix, en effet, est folie pour ceux qui se perdent ». Mais « nous proclamons, nous, un Christ crucifié, scandale pour les juifs et folie pour les païens ». La croix du Christ, donc, est le scandale. Pour cela, « Jésus prépare le cœur de ses disciples avec la promesse du Paraclet, pour ce qui leur arrivera ». Et il dit : « Je vous ai dit ces choses pour que vous n’ayez pas à vous scandaliser » de la croix du Christ. Jean rapporte ces paroles du Seigneur: « On vous exclura des synagogues. Bien plus, l'heure vient où quiconque vous tuera pensera rendre un culte à Dieu ». Et nous aujourd’hui, « nous sommes les témoins de ceux qui tuent les chrétiens au nom de Dieu car ils sont mécréants, selon eux ». Telle « est la croix du Christ ». Telle est l’actualité des paroles de Jésus dans l’Évangile de la liturgie dans l’Évangile de la liturgie du jour : « Ils feront cela, car ils n’ont connu ni le Père ni moi ». « Hier j’ai eu la joie de téléphoner au patriarche copte Tawadros, car c’était la journée de l’amitié copte-catholique: nous avons parlé de certaines choses ». Mais « j’ai rappelé ses fidèles, qui ont été égorgés sur la plage parce que chrétiens. Ces fidèles, pour la force que leur ont donné l’Esprit Saint, ne se sont pas scandalisés. Ils mouraient avec le nom de Jésus sur les lèvres. C’est la force de l’Esprit. Le témoignage. C’est vrai, c’est précisément le martyre, le témoignage suprême ». Il y a également « le témoignage de chaque jour, le témoignage de rendre présente la fécondité de la Pâque — que nous avons demandée aujourd’hui au début de la Messe — cette fécondité que nous donne l’Esprit Saint, qui nous guide vers la vérité pleine, la vérité entière, et nous rappelle ce que Jésus nous dit ». Pour cela, « un chrétien qui ne prend pas au sérieux cette dimension “du martyre” de la vie n’a pas encore compris le chemin que Jésus nous enseigne : la route “du martyre” de chaque jour; la route “du martyre” dans la défense des droits des personnes; la route “du martyre” dans la défense des enfants: le papa et la maman qui défendent la famille ; la route “du martyre” de très nombreux malades qui souffrent par amour pour Jésus. Nous avons tous la possibilité de porter cette fécondité pascale sur la route “du martyre”, sans nous scandaliser ».

 



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