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PAPE FRANÇOIS

MÉDITATION MATINALE
EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

Mardi 26 mai 2015

 

(L'Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 25 du 18 juin 2015)

Le salaire de Jésus

Le « salaire » du chrétien est de « ressembler à Jésus » : il n’y a pas de récompense en argent ou en pouvoir pour celui qui suit le Seigneur, car la route est seulement celle du service et se fait dans la gratuité. En cherchant en revanche une « bonne affaire » mondaine, avec « la richesse, la vanité et l’orgueil », on se « monte la tête » et l’on donne aussi un « contre-témoignage » dans l’Église. Le « dialogue entre Pierre et Jésus » a inspiré la méditation du Souverain Pontife, partie précisément de l’extrait évangélique de Marc (10, 28-31) proposé par la liturgie du jour. « Voici que nous, nous avons tout laissé et nous t'avons suivi ». Cela revient à dire : « Et nous dans tout cela ? Quel sera notre salaire ? Qu’y gagnerons-nous ? ». La question est que « les disciples comprenaient Jésus à moitié, car la pleine connaissance de Jésus, eut lieu lorsque l’Esprit Saint est venu ». Et, en effet, Jésus leur répond : « En vérité, je vous le dis, nul n'aura laissé maison, frères, sœurs, mère, père, enfants ou champs à cause de moi et à cause de l'Évangile, qui ne reçoive le centuple dès maintenant, au temps présent, avec des persécutions ». En réalité, « Jésus répond en indiquant une autre direction » et ne promet pas « les mêmes richesses que celles qu’avait ce jeune homme ». Précisément, « le fait d’avoir de nombreux frères, sœurs, mères, pères, biens, est l’héritage du royaume, mais avec la persécution, avec la croix. Et cela change les choses ». Voilà pourquoi « lorsqu’un chrétien est attaché aux biens, il présente le mauvais visage du chrétien qui veut avoir deux choses : le ciel et la terre ». Et « la pierre de touche est justement ce que dit Jésus : la croix, les persécutions, supposent de se nier soi-même, de subir chaque jour la croix ». La « gratuité à suivre Jésus est la réponse à la gratuité de l’amour et du salut que nous donne Jésus ». « Lorsque l’on veut être aussi bien avec Jésus qu’avec le monde, aussi bien avec la pauvreté qu’avec la richesse », il en dérive « un christianisme à moitié, qui veut un gain matériel : c’est l’esprit de la mondanité ». Et « ce chrétien, disait Élie, “boite sur deux jambes” », car « il ne sait pas ce qu’il veut ». Ainsi, « la clé pour comprendre ce discours de Jésus — mais oui, au centuple mais avec la croix — est le dernier mot : “Beaucoup des premiers seront les derniers et les derniers seront les premiers” ». C’est « en d’autres termes ce qu’il dit du service : “Celui qui se croit ou qui est le plus grand parmi vous, sera votre serviteur : le plus petit” ». Ce n’est pas un hasard, si Jésus « prit cet enfant et le fit voir ». « Suivre Jésus, du point de vue humain, n’est pas une bonne affaire : c’est servir ». Du reste, c’est exactement ce « qu’il a fait lui : et si le Seigneur te donne la possibilité d’être le premier, tu dois te comporter comme le dernier, c’est-à-dire dans le service. Et si le Seigneur te donne la possibilité de posséder des biens, tu dois te comporter dans le service, c’est-à-dire pour les autres ». « Ce sont trois choses, trois marches qui nous éloignent de Jésus : les richesses, la vanité et l’orgueil ». « Pour cela les richesses sont très dangereuses : elles te mènent tout de suite à la vanité et tu te crois important » ; mais « quand tu te crois important, tu te montes la tête et tu te perds ». « Ce travail de catéchèse aux disciples coûta beaucoup, beaucoup de temps à Jésus, car ils ne comprenaient pas bien ». Ainsi aujourd’hui, « nous devons nous aussi lui demander : enseigne-nous ce chemin, cette science du service, cette science de l’humilité, cette science d’être les derniers pour servir les frères et les sœurs de l’Église ». Pour le Souverain Pontife, « il est laid de voir un chrétien — qu’il soit laïc, consacré, prêtre, évêque — qui veut les deux choses : suivre Jésus et les biens, suivre Jésus et la mondanité ». C’est « un contre-témoignage et cela éloigne les gens de Jésus ». Avant de poursuivre la célébration de l’Eucharistie, le Pape a invité à « ressembler à Jésus », et a conclu : c’est un « grand salaire ».

 



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