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PAPE FRANÇOIS

MÉDITATION MATINALE
EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

Vendredi 16 octobre 2015

(L'Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 43 du 22 octobre 2015)

La séduction du clair-obscur

Il existe un « virus » puissant et dangereux qui nous menace, mais il y a aussi un Père « qui nous aime tant » et qui nous protège. La séduction insidieuse de l’hypocrisie était au centre de l’homélie du Pape François au cours de la Messe célébrée dans la matinée du vendredi 16 octobre. La référence évangélique est celle proposée par la lecture du jour (Luc 12, 1-7) : « La foule s’était rassemblée autour de Jésus par milliers », au point « qu’on s’écrasait les uns les autres » et, « avant de parler aux gens, d’enseigner », comme il le faisait d’habitude, il s’adresse « aux disciples qui étaient là ». Au milieu de tant de personnes, « il leur parle d’une chose très petite : du levain ». L’avertissement du Seigneur — « Méfiez-vous du levain des Pharisiens » — ressemble à celui « d’un médecin, qui dit à ses collaborateurs, à ses aides : “Prenez garde à ce que tous ces gens ne soient contaminés par le virus” ». Et le « levain des pharisiens », est « l’hypocrisie ». Mais quelle est, en substance, le virus dont parle Jésus « au milieu de cette foule » ? Le Pape l’a expliqué : « L’hypocrisie est cette façon de vivre, d’agir, de parler qui n’est pas claire », qui se présente de façon ambiguë : « peut-être sourit-il, peut-être est-il sérieux... Ce n’est pas la lumière, ce n’est pas les ténèbres ». C’est un peu comme le serpent : « Il se déplace d’une façon qui semble ne menacer personne » et a « la fascination du clair-obscur ». Jésus lui-même, dans les Évangiles, ajoute certaines notes sur le comportement des « pharisiens hypocrites », en disant qu’ils sont « imbus de leur personne, vaniteux » et qu’ils aiment « se promener dans les rues » pour faire voir qu’ils sont importants. Jésus met en garde contre ces derniers, et dit à tous : « Ne soyez pas effrayés, n’ayez pas peur : mais méfiez-vous du levain de ces gens, parce que tout ce qui est caché viendra à la lumière. Rien n’est voilé qui ne sera révélé, rien de caché qui ne sera connu. Tout ce que vous aurez dit dans les ténèbres sera entendu au grand jour, et ce que vous aurez dit à l’oreille dans les pièces les plus retirées sera proclamé sur les toits ». Comme pour dire, se cacher est inutile, parce qu’à la fin, « tout sera clair ». Et il disait cela, « parce que le levain des Pharisiens conduisait les gens à préférer les ténèbres à la lumière ». C’est alors que Jésus « attire l’attention sur la confiance en Dieu ». Parce que s’il est vrai que « ce levain est un virus qui rend malade et fait mourir », il est également vrai qu’il existe quelqu’un « de plus grand », et c’est le « Père qui est aux cieux ». « Devant toutes ces craintes », qui sont insinuées par le « virus », par le « levain de l’hypocrisie des pharisiens », nous devons être réconfortés quand Jésus nous dit : « Il y a un Père. Il y a un Père qui vous aime. Il y a un Père qui prend soin de vous ». Face à la « séduction du clair-obscur, à la séduction du serpent », Jésus nous rassure : « Soyez tranquilles, le Père vous aime, vous défend. Ayez confiance en Lui. N’ayez pas peur de ces choses ». « Quand Jésus nous dit cela, il nous invite à prier », afin que nous ne tombions pas « dans cette attitude des pharisiens qui n’est ni lumière, ni ténèbres », qui est toujours à mi-chemin et qui « n’arrivera jamais à la lumière de Dieu ». C’est pourquoi, a-t-il conclu, « prions beaucoup ». Demandons au Seigneur : « Protège ton Église, qui est nous tous : protège ton peuple, ceux qui s’étaient rassemblés et qui se piétinaient entre eux. Protège ton peuple, afin qu’il aime la lumière qui vient du Père, qui vient de ton Père ». Nous devons demander à Dieu de protéger son peuple, a ajouté le Pape, « afin qu’il ne devienne pas hypocrite, qu’il ne tombe pas dans la tiédeur de la vie », afin qu’il « ait la joie de savoir qu’il y a un Père qui nous aime tant ».



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