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PAPE FRANÇOIS

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA
MAISON SAINTE-MARTHE

Jésus regarde chacun de nous

Mardi 31 janvier 2017

(L'Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n°006 du 9 février 2017)

Jésus ne regarde pas les «statistiques», mais il fait attention à «chacun de nous». Un par un. L’«émerveillement de la rencontre avec Jésus», cet émerveillement qui saisit celui qui le regarde et qui se rend compte que le Seigneur avait déjà «le regard fixé» sur lui, a été décrit par le Pape François. Le «regard» a précisément été le fil conducteur de la méditation. Le Pape s’est penché sur l’Evangile du jour (Marc, 5 21-43) pour voir «ce que fait Jésus». La caractéristique la plus évidente est que «Jésus est toujours au milieu de la foule». C’est une foule qui enveloppe Jésus, qui «le presse». Et lui, «il est resté là». Les gens le cherchaient: les gens avaient les yeux fixés sur lui et lui avait les yeux fixés sur les gens». On pourrait objecter: Jésus tournait le regard «sur les gens, sur la multitude», en revanche non: «sur chacun!». Car c’est précisément là que se trouve la «particularité du regard de Jésus. Il ne massifie pas les gens: Jésus regarde chacun». On en trouve la preuve à plusieurs reprises dans les récits évangéliques. Dans l’Evangile du jour, par exemple, on lit que Jésus demande: «Qui m’a touché?», alors qu’«il était au milieu de ces gens, qui le pressaient». Cela semble étrange, au point que les disciples eux-mêmes «lui disaient: “Mais vois la foule qui se presse autour de toi!”». «Quelqu’un ma touché!». En effet, «au milieu de cette foule, Jésus s’aperçut de la petite vieille qui l’avait touché. Et il la guérit». Il y avait «beaucoup de gens», mais il prêta attention précisément à elle, «une femme, une petite vieille». Le récit évangélique se poursuit par l’épisode de Jaïre, à qui on annonce que sa fille est morte. Jésus le rassure: «Ne crains pas! Aie seulement foi!», de même qu’auparavant il avait dit à la femme: «Ta foi t’as sauvée!». Dans cette situation également, Jésus se retrouve au milieu de la foule, avec «beaucoup de gens qui pleuraient». Jésus leur dit: «Soyez tranquilles, la petite fille dort». Et Jésus entre et «ressuscite la petite fille». Ce qui saute aux yeux est que Jésus, dans cette agitation, avec «les femmes qui hurlaient et pleuraient», se soucie de dire «au père et à la mère: “Donnez-lui à manger!”». C’est l’attention au «petit», c’est «le regard de Jésus sur le petit. Mais n’avait-il rien d’autre dont se soucier? Non, juste de cela». Le Pape a poursuivi ses exemples en citant l’épisode de Naïm. Là aussi, «il y avait la foule qui le suivait». Et Jésus «voit qu’un cortège funèbre sort: un jeune homme, fils unique d’une mère veuve». Encore une fois, le Seigneur s’aperçoit du «petit». Au milieu de tant de gens, «il va, il arrête le cortège, il ressuscite le jeune garçon et le remet à sa mère». Et une autre fois, à Jéricho. Quand Jésus entre dans la ville, il y a la foule qui «crie: “Vive le Seigneur! Vive Jésus! Vive le Messie!”. Il y a beaucoup de vacarme... Un aveugle se met lui aussi à crier; et lui, Jésus, avec tout le vacarme qu’il y avait là, entend l’aveugle». Le Seigneur «s’aperçoit du petit, de l’aveugle». Tout cela pour dire que «le regard de Jésus va du grand au petit». Le Pape a rappelé que l’auteur de la Lettre aux hébreux suggère «de courir avec persévérance, en gardant le regard fixé sur Jésus». Et cela me fait ressentir «un grand émerveillement. C’est l’émerveillement de la rencontre avec Jésus».

 



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