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ADDRESS OF HIS HOLINESS JOHN PAUL II
TO H.E. Mr DON PRAMUDWINAI, NEW AMBASSADOR
OF THAILAND TO THE HOLY SEE*

Saturday, 25 March 1995

 

 
Monsieur l’Ambassadeur,
 
1. Je suis heureux de vous accueillir aujourd'hui au Vatican et d'accepter les Lettres par lesquelles Sa Majesté le Roi Bhumibol Adulyadej vous accrédite comme Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de Thaïlande près le Saint-Siège. Je suis également heureux de recevoir les aimables vœux que vous me transmettez de la part de Sa Majesté, et je vous demanderais de bien vouloir lui faire parvenir l'assurance de ma gratitude et mes meilleurs vœux de bonne santé.

Votre Excellence a fait référence aux relations cordiales qui existent depuis longtemps entre le Royaume de Thaïlande et le Saint-Siège. Cette amitié est soutenue dans une grande mesure par la tradition de liberté religieuse de votre pays, une liberté dont le Roi lui-même est le garant. Pour sa part, l'Église catholique a un respect profond et éternel pour les valeurs spirituelles et culturelles des autres grandes religions du monde. En particulier, j'aimerais réaffirmer la très grande considération que l'Église porte aux fidèles du bouddhisme, la religion majoritaire en Thaïlande.

C'est le riche patrimoine spirituel de votre peuple, son ouverture à toutes les croyances et pratiques religieuses authentiques qui a permis à l'Église catholique d'apporter de nombreuses contributions à la société thaïlandaise particulièrement dans les domaines de l'éducation, de la santé et des services sociaux. L'Église se réjouit lorsque toutes les couches de la population se donnent la main et unissent leur cœur pour construire une société véritablement sensible à la dignité et aux droits de chaque être humain, et réellement engagée en faveur de la cause de la justice, de la solidarité et de la liberté authentique.

2. C'est certainement ce genre de coopération et d'unité dont notre monde moderne a tant besoin, non seulement afin de dépasser la violence, l'effusion de sang et les injustices qui touchent et oppriment encore les individus, les groupes et les peuples du monde entier (cf. Message pour la Journée mondiale de la Paix 1995, n. 1), mais également pour secourir tous ceux qui fuient ces conditions insupportables. L'un des souvenirs les plus émouvants que je garde de ma visite en Thaïlande, il y a presque onze ans, est celui du camp de réfugiés de Phanat Nikhom, où j'ai rencontré des hommes, des femmes et des enfants qui non seulement avaient été obligés d'abandonner leur foyer, leurs moyens d'existence et tout ce qu'ils possédaient, mais qui avaient également été véritablement privés de leur dignité et de leur amour-propre. En regardant les visages de tant de milliers d'êtres humains souffrant, j'ai pensé aux millions d'autres qui étaient dans des conditions semblables ailleurs. Et malheureusement, c'est encore le cas aujourd'hui; c'est le drame déchirant qui se joue non seulement dans le Sud-Est asiatique, mais aussi en Afrique, en Europe et dans les Amériques.

Cela fait maintenant de nombreuses années que la Thaïlande est le premier pays d'asile pour des milliers de réfugiés provenant de pays voisins. Le gouvernement et les citoyens de Thaïlande ont été particulièrement généreux envers ces personnes. Je souhaite que la Thaïlande et d'autres pays qui réagissent de façon semblable face la situation critique des réfugiés, continuent d'offrir leur solidarité concrète à ces personnes vivant au bord du désespoir.

3. Dans le même temps, la Communauté internationale dans son ensemble doit fixer son attention sur la recherche de solutions politiques à long terme à ce problème complexe. Par-dessus tout, il est important de créer de véritables conditions de paix: la confiance et la réconciliation entre pays; l'harmonie entre les différents groupes économiques, sociaux et ethniques au sein des nations; et l'unité à l'intérieur de chacun de ces groupes. La Communauté internationale a un besoin urgent d'œuvrer à construire un avenir sûr pour tous les peuples: un avenir fondé sur le respect, garanti par la loi, de la dignité et des droits de chaque individu et sur une solidarité qui dépasse les frontières, les races et les idéologies.

Pour sa part le Saint-Siège œuvre volontiers avec tous les hommes et les femmes de bonne volonté à cette fin. C'est en fait l'une des raisons essentielles de la présence et de l'activité du Saint-Siège sur la scène internationale et cela reflète l'esprit dans lequel les Relations diplomatiques formelles entre le Saint-Siège et les gouvernements nationaux sont établies et maintenues.

Monsieur l'Ambassadeur, alors que vous commencez votre mission de Représentant du Royaume de Thaïlande près le Saint-Siège, je vous offre tous mes vœux de réussite. Je puis vous assurer que les différents organes de la Curie romaine vous apporteront toute leur aide dans l'accomplissement de votre fonction. Je suis certain que l'amitié et la compréhension qui ont été édifiées au cours des années continuera de s'accroître, pour le bénéfice de l'Église et de votre pays. J'invoque cordialement d'abondantes Bénédictions divines sur vous, sur leurs Majestés le Roi et la Reine, ainsi que sur tout le peuple de Thaïlande.


*L'Osservatore Romano. Edition hebdomadaire en langue française n.15 p.5.
 

 

© Copyright 1995 - Libreria Editrice Vaticana

 



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