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 DISCORSO DEL SANTO PADRE GIOVANNI XXIII


AI PARTECIPANTI
AL SECONDO CONGRESSO INTERNAZIONALE
DELL'APOSTOLATO DEI CIECHI
*

Giovedì, 1° ottobre 1959

 

Diletti figli!

L'amabile indirizzo, che il Venerabile Fratello Tarvisio Vincenzo Benedetti Ci ha rivolto a vostro nome in lingua italiana, è stato a Noi assai accetto. Ci ha infatti manifestato il fervore della vostra fede e devozione verso la Cattedra di Pietro, e Ci ha portato l'eco dei sentimenti e delle disposizioni, che animano voi tutti nella accettazione quotidiana della vostra condizione.

Pertanto ben volentieri assecondiamo l'invito di esprimervi la Nostra gioia ed anche la commozione, nell'accogliervi alla Nostra presenza. Desideriamo per altro che il suono della Nostra voce raggiunga subito non soltanto il cuore, ma la mente di tutti voi, che rappresentate i vostri fratelli di vari Paesi del mondo; ed ecco che diamo risposta al vostro Presidente, rivolgendovi la parola in lingua francese. Così potrà essere compresa subito, con maggior facilità, dalla vostra cara e distinta assemblea.

Chers Fils!

C'est avec une émotion tonte particulière que Nous vous accueillons aujourd'hui, vous que Dieu a visités par la douloureuse épreuve de la cécité, et qui avez voulu, au sein même de cette épreuve, unir vos efforts pour la faire servir au salut de vos frères. Si tout ce qui unit est digne de la plus grande considération, combien plus respectable encore est ce qui unit daris le royaume de la douleur!. Et que dire d'une pareille union si elle est fondée — comme celle qui vous rassemble — sur un généreux dessein d'apostolat!

Dans le scintillement des lumières plus ou moins fallacieuses de notre temps, qui viennent troubler parfois jusqu'aux moments de recueillement, pourtant si nécessaires à l'homme, les aveugles donnent à leurs frères une leçon bien précieuse. A ceux d'entre eux qui sont privés des lumières les plus essentielles — celle de la religion, celle même du bon usage de la raison — les aveugles, ceux surtout qui, comme vous, ont le bonheur d'appartenir à 1'Eglise, enseignent justement à apprécier a leur juste valeur les lumières de l'intelligence et de la vertu, celles sue-tout, toutes divines et surnaturelles, de la Foi et de la Charité. Que de clartés dans une âme croyante et aimante, dans une tinte illuminée — comme le sont les vôtres — pur la « vraie lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde », le Christ!

Répandez cette fiamme autour de vous, chers fils. Le cri de 1'aveugle de l'Evangile: « Domine, fac ut videam! - Seigneur, faites que je voie ! » [1], monte aujourd'hui des multitudes d'aveugles spirituels, qui n'attendent peut-être que la main secourable d'un de leurs frères pour marcher à leur tour dans la lumière de la vérité et de l'amour. Soyez ce frère miséricordieux! Que votre exemple attire et entraîne tant d'hommes qui se croient clairvoyants, et dont l'esprit et le cœur sont hélas! loin de Dieu, dans une nuit spirituelle bien plus grave que les ténèbres matérielles!.

Vous êtes les premiers auxquels Nous adressons la parole en ce mois d'octobre qui vient de s'ouvrir et qui Nous a inspiré, comme vous l'aurez appris, 1'Encyclique Grata recordatio sur la dévotion au Saint Rosaire. Laissez-Nous vous confier plus spécialement à vous, chers aveugles, la grande supplication qui va monter vers la Vierge en ces jours pour hâter 1'heure où, selon 1'annonce prophétique, « toute chair verra le salut de Dieu » [2]. Obtenez par vos prières la lumière pour tous les hommes: pour les gouvernants, responsables des destin des peuples: ut videant! — qu'ils voient, eux aussi, eux surtout, qu'ils voient et qu'ils- prévoient les conséquences possibles d'un faux-pas...; pour les gouvernés, afin qu'ils trouvent dans la sereine lumière de Dieu les sentiers de la concorde et de la véritable paix.

Cette prière ne sera pas sans fruits pour vous-mêmes. Revivant en esprit pendant ce mois, avec toutes les familles chrétiennes de 1'Univers, les mystères du Saint Rosaire, vous vous sentirez pénétrés par les exemples si doucement attirants de la Sainte Famille de Nazareth, et la contemplation de ces divines réalités sera pour vos âmes un rafraîchissement et confine un avant-goût de la lumière céleste.

En gage des sentiments d'affection tonte paternelle dans lesquels Nous vous accueillons ici, Nous vous accordons de grand cœur, à vous, à vos chères familles, à vos Pays, sans oublier les dévoués organisateurs de votre Congrès, une large Bénédiction Apostolique.

 


*  AAS. vol. LI, 1959, pp. 352-354.

[1] Mt. 18, -11.

[2] Lc. 3, 6.

 



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