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DISCOURS DU PAPE PAUL VI
À UN PÈLERINAGE DU VIETNAM

Mercredi 24 mai 1967

 

Chers Fils du peuple vietnamien,

Soyez les bienvenus dans la maison du Père Commun!

Passant par Rome au retour de votre pèlerinage à Fatima, vous avez voulu manifester votre attachement et celui de vos compatriotes au Vicaire du Christ. A Notre tour, Nous sommes heureux de vous accueillir; heureux de pouvoir bénir la statue de la Vierge, qui va prochainement visiter en pèlerine les villes et les villages de votre Patrie, pour recueillir partout l’hommage de votre amour filial; heureux aussi de saisir l’occasion de cette rencontre familière pour vous redire que le Pape aime le Vietnam, tout le Vietnam - celui du Nord, du Centre et du Sud - qu’Il prie, qu’Il souffre, qu’Il fait tout ce qui est en Son pouvoir pour le retour de la paix dans votre chère Patrie, pour sa prospérité et son développement économique et social.

C’est une joie pour Nous de savoir que dans l’immense foule rassemblée à la Cova d’Iria pour honorer la Vierge Marie il y avait aussi des Vietnamiens, qui ont prié avec Nous pour la paix de l’Eglise et pour la paix du monde.

Et il Nous est facile d’imaginer avec quelle ferveur, avec quelle foi vive et ardente vous aurez demandé avec Nous, pour votre pauvre Pays tourmenté et affligé, le don de la paix. C’est pour obtenir cette paix, la vraie paix à laquelle vous aspirez - la paix dans la justice, dans la liberté, dans le respect des valeurs sacrées de la personne humaine - que Nous n’avons pas hésité à intervenir en adressant à tous les responsables des appels insistants et répétés.

 C’est pour prier pour la paix que Nous avons entrepris le voyage de Fatima. Et en ce jour mémorable, Nous avons invoqué l’intercession de la Mère du Christ, lui demandant d’obtenir que l’amour l’emporte enfin sur la haine, l’esprit de sincère fraternité sur la division des âmes. Et dans cette prière, Notre première pensée était pour votre Pays, où on combat encore et où on meurt, où on pleure et où on souffre, où tant des vôtres sont contraints à abandonner ce qu’ils ont de plus cher pour chercher refuge ailleurs.

Ces jours derniers, à vrai dire, une pause dans lès combats au Vietnam avait permis à vos compatriotes un instant de répit, qui avait accru le désir et l’espoir de la paix définitive. Nous aurions voulu que ce moment de trêve fît réfléchir les responsables, leur fît comprendre que, pour arriver à une paix durable, il ne suffit pas de suspendre les actes de guerre: il faut écarter les causes qui donnent à la guerre sa triste et fatale puissance.

Il faut, donc, que cessent les bombardements sur le territoire du Nord, et il faut que cessent en même temps les infiltrations d’armes et de matériel de guerre dans le Sud; il faut aussi que cessent tous les actes de terrorisme, qui ne servent ni à l’honneur du bon et laborieux peuple vietnamien, ni à la concorde, ni à la paix tuant désirée: en un mot, que cesse toute forme de violence! C’est dire que pour obtenir la paix, il faut d’abord la vouloir sincèrement. C’est dans les cœurs qu’elle doit naître, avec la volonté d’engager d’honorables pourparlers, et le désir, également sincère de part et d’autre, de voir triompher pour tous la liberté et la fraternité.

A cette régénération des âmes, aujourd’hui si exacerbées et si opposées, peuvent contribuer, plus que tout autre facteur, le sentiment religieux et l’aide divine. Et c’est pourquoi Nous ne cessons de faire recours à la prière et d’inviter tous les croyants à le faire également. Ce n’est pas là s’évader de la réalité des choses, mais bien plutôt se placer vraiment au cœur des réalités humaines. En rentrant dans vos foyers, chers fils, exhortez tous vos frères à cette confiance dans le secours d’en haut, assurez-les tous de l’amour du Pape pour le peuple vietnamien tout entier, et portez à tous, avec Nos paternelles salutations, Notre plus affectueuse Bénédiction Apostolique.

                                                   



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