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DISCOURS DU PAPE PAUL VI
À L'OCCASION DE L'INAUGURATION AU CAIRE
D'UNE NOUVELLE CATH
ÉDRALE COPTE

Samedi 22 juin 1968

 

Chers Fils et Frères,

Nous sommes heureux de vous accueillir ce matin dans Notre demeure. C’est vous, illustres représentants de l’Eglise copte, que Nous voudrions saluer en premier lieu; c’est à vous d’abord que Nous désirons souhaiter la bienvenue ici à Rome.

En effet, cette ville où l’apôtre Pierre a trouvé une mort glorieuse en rendant le témoignage suprême à Jésus-Christ, notre Maître et Seigneur, n’oublie pas les liens étroits et nombreux qui l’unissent à la vénérable Eglise d’Alexandrie dont une tradition fort ancienne attribue la fondation à saint Marc. Et comment ne pas mentionner en passant que ce fut ce denier. qui résuma, dans l’évangile qui porte son nom, l’enseignement oral de l’apôtre Pierre!

Il serait trop long de parler en détail des relations cordiales et fraternelles qui ont existé, au cours des premiers siècles chrétiens, entre les évêques de Rome et ceux d’Alexandrie. Si dans la suite des temps et à la faveur d’événements historiques qui ont bouleversé la géographie spirituelle du bassin méditerranéen, ces liens se sont relâchés au point que pendant presque un millénaire l’Eglise fondée par Pierre et celle fondée par Marc ont vécu côte à côte dans une indifférence qui touchait parfois à l’oubli et à la désaffection, voici que nous sommes les témoins émerveillés d’une reprise de contacts qui se font toujours plus fréquents et toujours plus chaleureux. Qui ne s’en réjouirait pas, et qui ne voit là le signe avant-coureur du jour où, conformément à la volonté de notre commun Seigneur, il n’y aura plus qu’un seul troupeau et qu’un seul pasteur? (cfr. Io. 10, 16).

La circonstance particulière qui vous amène aujourd’hui en cette ville de Rome est la prochaine inauguration au Caire d’une nouvelle cathédrale dédiée à saint Marc. Cette œuvre, Nous le savons, a pu être menée à bonne fin grâce à la générosité de vos fidèles et au soutien des autorités de votre pays. Par là celles-ci ont tenu à reconnaître la place el le rôle importants que les chrétiens, et spécialement les membres de l’Eglise copte, jouent dans la vie de l’Egypte moderne.

A l’occasion de la solennelle dédicace de cette nouvelle cathédrale une relique de saint Marc, dont les restes vénérés sont conservés à Venise, sera placée dans le maître-autel. Nous voyons dans ce geste comme un nouveau lien entre l’Eglise de Rome et l’Eglise copte, entre la chaire de Pierre et le siège de Marc. Il est aussi le présage d’une collaboration toujours plus intense entre les diverses Eglises chrétiennes de l’Egypte, en union avec tous leurs compatriotes et au service du bien commun d’une même patrie, résolument engagée dans la voie du progrès et du développement et fière - à juste titre - de posséder l’un des plus riches patrimoines d’histoire et de civilisation humaines de tous les temps.

Que ces brèves considérations, chers et illustres représentants de l’Eglise d’Alexandrie, suffisent pour vous prouver les sentiments d’estime et de vénération que Nous nourrissons pour votre vénérable Eglise et pour votre noble peuple. Qu’elles vous soient le témoignage de notre désir sincère et ardent de tout mettre en œuvre pour hâter l’heure de la restauration de l’unité entre tous les chrétiens. Maintenant c’est à vous, chers Fils et Frères de l’Eglise catholique qui allez Nous représenter aux célébrations commémoratives du dix-neuvième centenaire de la mort de saint Marc et à l’inauguration de la nouvelle cathédrale bâtie en son honneur dans la capitale égyptienne, que Nous voudrions adresser quelques mots. D’abord pour vous saluer et vous remercier d’avoir bien voulu être comme nos ambassadeurs auprès des pasteurs, du clergé et des laïcs de l’Eglise copte. Comme à l’apôtre Paul, le Christ vous confie «le ministère de la réconciliation» (2 Cor. 5, 18); vous êtes donc «en ambassade pour Lui» (ibid. 5, 19).

En accompagnant en notre nom tette relique précieuse de Saint Mare que Nous Nous proposons de remettre dans un instant à la délégation de l’Eglise copte, vous porterez en même temps le salut de l’Eglise de Rome à celle d’Alexandrie. En échangeant le Saint baiser (cfr. 2 Cor. 13, 12; 1 Thess. 5, 16) avec Sa Sainteté Cyrille VI, patriarche de tette Eglise, vous vous ferez les interprètes de notre pensée et de notre cœur, les messagers des sentiments de paix, de joie et de charité qui Nous animent à l’égard de nos frères d’une Eglise rendue illustre par les Clément, Denys, Pierre, Athanase, Cyrille et tant d’autres que nos deux communautés vénèrent comme des modèles de vie chrétienne et des intercesseurs puissants auprès de l’Auteur de tout bien et de toute grâce.

C’est en invoquant le patronage de tous les saints de Rome et d’Alexandrie, afin qu’ils «affermissent plus solidement l’Eglise dans la sainteté» (Lumen gentium, n. 49) et que «leur sollicitude fraternelle vienne au secours de notre faiblesse» (ibid.), que Nous voudrions, chers Fils de l’Eglise romaine et chers Fidèles de l’Eglise copte, prendre congé de vous, en implorant sur les uns et les autres les plus abondantes grâces du Ciel et en vous accordant notre meilleure Bénédiction de Père et de Frère dans le Seigneur.

                                            



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