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RADIOMESSAGE DU PAPE PAUL VI
AUX PARTICIPANTS AU SOIXANTE-TREIZIÈME CONGRÈS
DE L’UNION DES ŒUVRES CATHOLIQUES

Vendredi 11 avril 1969

 

Chers Fils, chères Filles,

Vous voici au terme de ce soixante-treizième congrès de l’Union des Œuvres catholiques. Depuis trois jours, après une longue préparation, prêtres, religieuses et laïcs, vous étudiez avec des moyens techniques adaptés, en assemblées et en carrefours, l’impact des moyens de communication sociale sur l’homme et la société actuels. Nous vous en félicitons, heureux de bénir aujourd’hui vos efforts, et de vous encourager dans votre vie apostolique marquée par ce nouveau monde des communications sociales.

N’est-ce pas en effet un nouveau monde que suscitent sous nos yeux ces nouvelles techniques, comme une nouvelle culture alimentée par de puissants courants où le «medium» audiovisuel confère en quelque sorte à l’événement un nouveau degré d’existence, quasi simultané à travers le monde, par-delà les réactions propres des divers âges, milieux, et pays?

Le fait est là, irréversible, avec ses risques de nivellement, d’appauvrissement, de conformisme, de propagande et de pression; avec ses menaces aussi pour l’intériorité, la réflexion, l’objectivité; mais en même temps avec ses chances nouvelles d’accès à une connaissance plus riche des hommes, dans leur univers diversifié; des chances nouvelles aussi de mieux discerner les valeurs de justice, de paix, de fraternité, de besoin spirituel, qui se manifestent dans le monde; des chances nouvelles enfin de susciter l’échange, le partage, la solidarité, la charité, selon votre souci: passer de la communication à la communion. Par un judicieux usage de ces nouveaux moyens de communications, nous sommes en effet invités à une communion plus profonde avec tous les hommes, fils du même Père, et tous frères.

Nous y sommes invités: c’est dire que cela ne va pas de soi. Le progrès technique, en effet, ne nous rend pas meilleurs. Il n’entraîne pas nécessairement, par lui-même, le progrès spirituel. Celui-ci dépend de notre maturité, de notre attention, de notre conscience, de notre liberté, de l’intention de ceux qui manient ces puissants moyens techniques, et de la formation de ceux qui reçoivent leur empreinte. L’enjeu, qui ne le voit, est capital: à nous de prendre en mains ces instruments nouveaux pour en faire de nouvelles possibilités d’amour.

Prêtres et religieuses, vous mesurez à quel point, tout comme les laïcs, vous êtes influencés par les moyens de communication sociale. Sachez y être attentifs, dans votre formation comme dans votre apostolat quotidien. Tout d’abord, regardez, écoutez avec les yeux du cœur, pour découvrir, à travers des expressions parfois déconcertantes, les valeurs qui s’y cachent, les interrogations qui s’y posent, les itinéraires qui s’y cherchent, les messages qui y sont inscrits, les appels qui nous provoquent.

A nous d’en faire autant de points d’accrochage de ce message évangélique dont nous sommes les témoins, et qui ne peut être reçu dans la foi: le mystère du Christ et son insondable richesse de salut (cfr. Eph. 3, 5-12), qu’il nous faut annoncer à tous, en particulier à «ceux qui sont loin» (Act. 2, 33). A nous d’utiliser, pour ce faire, avec une audace toute apostolique, ces modes d’expression auxquels nos contemporains sont sensibles, et qui nous donnent des possibilités nouvelles d’évangélisation. Non pas qu’il s’agisse de mettre au goût du jour la foi, qui demande toujours adhésion personnelle et prière, mais il s’agit bien plutôt de conduire à la foi par des moyens adaptés à la sensibilité, comme à l’imagination et à la raison de l’homme d’aujourd’hui. N’oublions pas non plus combien les projecteurs des «mass-media» braqués sur l’Eglise nous obligent à conformer notre conduite au message dont nous sommes porteurs, si nous voulons en être le signe authentique (cfr. Matth. 5, 14 et Rom. 13, 12-13). Heureux temps qui nous oblige à une telle sincérité!

Chers fils et filles, «proclamez la bonne nouvelle à toute la création» (Marc. 16, 15) avec le zèle de ceux qui nous ont précédés depuis plus de cent ans à ces Congrès. Que d’exemples entraînants de prêtres et de religieuses, à commencer par le Père Anizan, fondateur des Fils de la Charité dont nous fêtons le cinquantenaire! Avec le même amour des âmes, soyez les témoins de «Celui dont la puissance agissant en nous est capable de faire bien au-delà, infiniment au-delà de tout ce que nous pouvons demander et concevoir» (Eph. 3, 20). Que Notre Bénédiction Apostolique en soit le gage. Et que dans un monde assoiffé de justice, de paix, de vérité, de fraternité, de joie, et d’espérance, votre témoignage brille limpide aux yeux des hommes, afin qu’ils rendent grâces au Père qui est aux cieux (cfr. Matth. 5, 16).

 



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