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DISCOURS DU PAPE PAUL VI
AUX OFFICIERS DU
«CENTRE FRANÇAIS DES HAUTES ÉTUDES MILITAIRES »

Jeudi 11 mars 1971

 

A l’occasion de votre séjour à Rome pour un colloque avec le Centre Italien des Hautes Etudes Militaires, vous avez manifesté le désir d’être accueillis quelques instants dans la maison du Père commun des fidèles catholiques. En répondant à votre démarche courtoise et filiale, Nous voudrions, en appelant la Bénédiction du Seigneur sur vos personnes, vous exprimer l’importance que Nous attachons à votre haute responsabilité pour la promotion de la justice et de la paix.

Vous êtes déjà, ou vous êtes appelés à être, les experts qualifiés, chargés de choisir ou d’adapter aux conditions modernes les moyens qui devront assurer au mieux la sécurité de vos concitoyens. Nous Nous garderons bien d’entrer dans ce domaine technique, pour lequel Nous n’avons pas de compétence directe. Mais vous constituez en même temps un «Centre des Hautes Etudes», c’est-à-dire de culture supérieure, capable de penser, au plus haut niveau, les problèmes de la guerre et de la paix, les chances de celle-ci et les risques de celle-là.

Permettez-Nous de vous le dire en toute simplicité: la haute culture ne peut être orientée que vers la justice et la paix. Et dès lors votre horizon ne peut se limiter à votre propre pays ou à vos voisins immédiats, mais il s’étend nécessairement à l’ensemble des peuples, et particulièrement à ceux qui sont démunis des moyens de subsistance les plus élémentaires. Vous le savez en effet, la responsabilité en cette matière s’étend bien au-delà de vos frontières. Et pour un esprit et un cœur chrétiens, cette solidarité universelle fait partie désormais du précepte prégnant de la charité. C’est donc une exigence morale singulièrement profonde qui doit animer votre réflexion et inspirer vos résolutions. Avec audace et réalisme, il vous faut rechercher, loin des impasses où s’enferme la problématique habituelle, le moyen de maîtriser la course aux armements, sans pour autant manquer au devoir qui est le vôtre d’assurer la sécurité des personnes et des ensembles humains qui vous incombe. Lourde responsabilité, certes, que la vôtre, d’incarner dans des conditions concrètes difficiles un idéal vers lequel converge l’aspiration de tous les hommes de bonne volonté: celui d’un monde paisible et fraternel.

Puissiez-vous, chers Messieurs, au milieu de la forêt certes très complexe des forces multiples en compétition et des intérêts divergents qui sont en jeu et obligent à n’avancer que prudemment, dégager hardiment des chemins novateurs, qui aident tous les peuples à rechercher d’abord la paix dans la justice, et à y trouver la sécurité qu’au fond d’eux-mêmes ils souhaitent pour consacrer toutes leurs forces vives à un développement intégral et solidaire dont l’urgence apparaît, tout comme la nécessité, avec une évidence qui s’impose à tous les hommes de coeur. Tels sont les vœux que Nous ne Nous lassons pas de formuler et que Nous Nous permettons de livrer à votre méditation en ce temps du Carême qui nous invite à une revision de vie salutaire. C’est dans ces sentiments que Nous vous disons, avec notre bienveillante estime, notre espérance, et que Nous invoquons de grand cœur sur vos personnes, sur vos familles et tous ceux qui vous sont chers, les Bénédictions abondantes du Très-Haut.

                            



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