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DISCOURS DU PAPE PAUL VI
AUX EVÊQUES DU VIETNAM

Vendredi 9 décembre 1977

 

Chers Frères dans le Christ,

Votre visite est pour Nous un motif de très grande joie! Vous Nous apportez, en effet, le témoignage émouvant et réconfortant de la fidélité et de l’affection, non seulement de vos grands diocèses d’Hanoï et de Hochiminville, mais de toute l’Eglise qui est au Vietnam. Nous apprécions vivement le geste des Autorités de votre Pays, qui ont accédé à notre demande et facilité votre venue au récent Synode des Evêques. Nous souhaitons vivement que, dans les occasions à venir, surtout lorsque Nous avons recours à l’expérience et aux conseils de nos Frères dans l’Episcopat sur des questions qui intéressent l’Eglise universelle - c’est bien le cas des Assemblées synodales comme aussi des Réunions plénières des Congrégations Romaines - vous-mêmes ou d’autres Evêques du Vietnam, puissiez Nous renouveler la joie d’une visite. En vous donnant aujourd’hui, à vous qui ‘êtes ici ensemble pour la première fois, l’accolade fraternelle de la communion et de la paix, c’est à tous les Pasteurs vietnamiens du Nord, du Centre et du Sud qu’en esprit et vérité Nous donnons ce signe d’affection. Mais c’est aussi aux prêtres, aux religieux et aux religieuses, aux catéchistes et aux parents, aux adolescents et aux enfants de toute la communauté catholique, disséminée à travers le pays, que Nous redisons: «Vous avez une place toute particulière dans notre cœur et notre prière».

Pendant le Synode, vous avez fait entendre la voix, les souffrances et les espérances de votre peuple. Et, en même temps, vous avez respiré l’atmosphère d’une assemblée universelle, riche d’expériences et d’inspirations différentes, et cependant unanime, dans sa volonté d’approfondir les problèmes actuels de la catéchèse. La catéchèse est précisément la transmission méthodique et efficace de la Parole de Dieu. C’est en la recevant que les chrétiens peuvent affermir leur foi et soutenir leur effort de charité concrète et persévérante. C’est pourquoi la catéchèse est le premier devoir des Pasteurs. Et c’est pour cela que l’Eglise, avec autant de loyauté que de respect, demande partout dans le monde aux Autorités responsables, quel que soit le régime social et politique, la liberté d’accomplir sa mission, sans privilèges mais aussi sans empêchements d’aucune sorte.

Ajoutons encore ceci: la catéchèse fait que les croyants deviennent toujours plus conscients des responsabilités qui découlent de leur foi: l’amour de Dieu, la fidélité à sa Loi, le service désintéressé du prochain. Ces trois obligations les conduisent nécessairement à accomplir aussi, loyalement et exemplairement, leurs devoirs civiques, comme il convient aux membres conscients de la société à laquelle ils appartiennent, et dont le progrès moral et matériel doit leur tenir à cœur et provoquer leur engagement généreux.

Votre pays, sorti d’une longue guerre, sanglante et dévastatrice, est maintenant absorbé par la grande œuvre de sa reconstruction. Une telle entreprise a besoin des forces de tous les citoyens. Vous nous avez donné le témoignage direct des sacrifices auxquels les catholiques vietnamiens, aussi bien que tous leurs frères, se soumettent généreusement pour hâter la renaissance du pays, en commençant par le développement des ressources essentielles, comme celles de l’alimentation. Le peuple vietnamien, dont la sobriété, la patience, le courage et la persévérance sont bien connues, fait face à une telle conjoncture. Nous sommes certain qu’il réussira son plan de redressement. Nous voudrions pourtant que ses efforts trouvent un concours de solidarité plus important, plus adapté et plus continu parmi les autres Nations. Hélas! c’est bien humain, une fois les passions de la guerre apaisées, l’attention mondiale, qui fut tout entière tournée vers le Vietnam, semble maintenant tournée vers d’autres régions et d’autres problèmes, comme si elle oubliait les pertes considérables, les dévastations, et toutes les privations laissées en héritage au peuple vietnamien par le terrible conflit que nous savons. Nous avons encouragé et nous encourageons toujours les organismes catholiques d’aide et d’assistance à offrir leur concours à votre pays, en privilégiant le secteur agricole et sanitaire, le monde des enfants, la promotion technique et professionnelle.

Grâce à une aide internationale en rapport avec les nécessités réelles, l’ouvre de reconstruction avancera plus rapidement, et il en découlera un avantage important pour les populations, cependant que le Vietnam, accueilli cette année parmi les membres de l’ONU, trouvera cette insertion vraiment nombreuses et amicales dans le contexte pacifique des nations.

Nous qui avons suivi, depuis des années, avec une sollicitude toute spéciale, les épreuves de votre peuple, Nous sommes vraiment heureux, chaque fois que l’occasion se présente ou se présentera, d’avoir des contacts avec le peuple et avec les Autorités de votre pays, tellement Nous sommes convaincu qu’ils peuvent être une source de grand bien pour l’Eglise et pour le Vietnam.

Dans cette espérance, Nous vous demandons de transmettre, avec notre affectueuse Bénédiction Apostolique, notre salut chaleureux et nos meilleurs souhaits aux chers catholiques du Vietnam et à votre Nation tout entière.

                               



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