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DISCOURS DU PAPE PAUL VI
AU CONSEIL SUPÉRIEUR
DES ŒUVRES PONTIFICALES MISSIONNAIRES

Vendredi 13 mai 1977

 

Chers Frères et chers Fils,

En cette période pascale, préparatoire à l’Ascension et à la Pentecôte, nous méditons avec plus de disponibilité les consignes du Seigneur: «Allez, proclamez l’Evangile à toute créature . . . vous serez mes témoins jusqu’aux extrémités de la terre» (Cfr. Marc. 16, 15; Act. 1, 18). L’œuvre missionnaire, qui concerne toute l’Eglise, est d’abord obéissance au Seigneur, amour du Seigneur, amour des hommes qu’Il invite dans son Royaume, désir de voir sa Bonne Nouvelle vivifier les cœurs et renouveler l’humanité.

Vous apportez à l’évangélisation une contribution de première importance, en tant que Directeurs nationaux des Œuvres missionnaires ou membres du Conseil Supérieur des Œuvres Pontificales Missionnaires. Nous qui avons adressé à l’Eglise entière notre Exhortation Apostolique «Evangelii Nuntiandi» et constatons avec satisfaction qu’elle a eu, et continue d’avoir, un écho profond dans les Eglises locales, Nous éprouvons une joie particulière à vous recevoir pour vous remercier, vous encourager et confirmer votre apostolat. Car vous êtes mandatés pour soutenir et stimuler l’activité missionnaire de l’Eglise.

Nous mettons au premier rang l’effort que vous faites pour sensibiliser toutes les catégories du peuple chrétien aux besoins spirituels de leurs frères, et cela à travers le monde entier, pour donner ou redonner vigueur au sens missionnaire. C’est ce qu’avait bien compris le Père Paolo Manna, fondateur de l’Union Missionnaire du Clergé: nous commémorons cette année le vingt-cinquième anniversaire de son retour à Dieu. Aujourd’hui, en effet, certains peuvent être tentés de se laisser décourager par les obstacles que rencontre l’évangélisation en d’immenses contrées. D’autres, moins sensibles aux valeurs spirituelles ou ne discernant plus suffisamment le caractère unique du salut en Jésus-Christ et la grâce que constitue l’accueil de la foi, ne voient plus très bien le pourquoi de la mission. Il faudrait qu’ils fassent eux-mêmes, plus profondément, l’expérience de la Bonne Nouvelle, pour désirer qu’elle brille aux yeux de tous les hommes! C’est toute l’éducation de la foi qui est en cause, et l’aspect missionnaire du message chrétien en est partie intégrante. Par ailleurs, Nous répétons qu’il n’y aura jamais d’évangélisation possible sans l’action de l’Esprit Saint. C’est pourquoi il vous revient d’abord de susciter une prière missionnaire. Et sainte Thérèse de Lisieux, proclamée, voilà juste cinquante ans, Patronne universelle des missions, pour avoir soutenu l’ardeur missionnaire dans le mystère de la communion des saints, sans sortir de son Carmel, Nous semble être un exemple typique de la solidarité spirituelle qu’il faut approfondir.

Nous vous encourageons aussi de toutes nos forces à procurer aux missionnaires, et plus précisément aux jeunes Eglises, qui ont pris en main leur destin, l’aide matérielle qui leur est toujours nécessaire. C’est une solidarité exemplaire que vous entretenez dans toute l’Eglise, admirable, non seulement par la somme globale que vous mettez à la disposition du Conseil supérieur des Œuvres Pontificales Missionnaires, mais par la façon dont tant de fidèles y participent, et souvent parmi les plus pauvres. Là encore, ne laissez pas cet effort se ralentir, sous de multiples prétextes. Nous noterons seulement trois choses.

Curieusement, à l’heure où les liens internationaux se multiplient, où les questions deviennent mondiales, certains pays, pourtant favorisés ont tendance à se replier sur eux-mêmes, obnubilés par leurs propres besoins, par le souci d’élever leur niveau de vie ou d’augmenter leurs moyens. Cette tendance se répercute évidemment sur la participation des chrétiens à l’entretien des missions. Mais Dieu merci, il ne manque pas d’exemples contraires, et Nous félicitons les Eglises dont la générosité s’est maintenue ou même accrue.

En second lieu, nos générations sont justement sensibles aux problèmes angoissants de la faim, de la santé: nous ne serions pas les disciples du Seigneur si nous ne travaillions pas à résoudre ces problèmes, avec tous les organismes de promotion humaine et de développement heureusement à l’œuvre. C’est l’un des témoignages de l’amour sur lequel le Seigneur nous jugera. Mais l’homme ne vit pas seulement de pain, et les chrétiens doivent saisir mieux que d’autres l’urgence des besoins spirituels et les exigences normales de l’évangélisation. Or ces besoins ne diminuent, pas, au contraire. Qu’il suffise de citer: la formation des prêtres et des religieuses, la formation des catéchistes, les nécessités d’une catéchèse adaptée pour les jeunes et pour les adultes, la prise en charge des diverses institutions chrétiennes d’éducation, le soutien des mouvements apostoliques, l’organisation d’une presse et de moyens audio-visuels qui donnent un sens chrétien des événements. Il vous faut attirer l’attention sur ces besoins vitaux de l’évangélisation qui constitue l’objectif spécifique de l’Eglise. Et par là même, c’est la qualité des efforts de développement qui en bénéficiera car il est très important que ceux-ci soient conçus et réalisés selon une vision évangélique.

Enfin Nous voyons avec plaisir que les diverses Eglises locales participent désormais à la réflexion, à la collecte et à la distribution des subsides. C’est un heureux progrès, car elles sont les meilleurs juges des besoins locaux. Mais c’est aussi un appel à participer davantage à leur propre prise en charge et à la solidarité universelle, à inviter leurs propres fidèles à donner à leur tour, selon leurs possibilités. Disons-le: les œuvres missionnaires sont moins une activité d’assistance à sens unique, si tant est qu’elles l’aient vraiment été; elles deviennent de plus en plus une œuvre de solidarité réciproque, un appel à la responsabilité de chacun. Cette réciprocité se vérifie plus encore au plan spirituel: combien de jeunes Eglises font bénéficier les plus vieilles chrétientés, ou l’Eglise universelle, de leur sens chrétien et du dynamisme de leur foi!

Chers Frères et chers Fils, poursuivez tette tâche dont Nous n’avons fait que souligner l’actualité et la nécessité. Portez nos félicitations, nos encouragements et nos vœux à tous ceux qui travaillent avec vous. A eux, et d’abord à vous-mêmes, Nous donnons notre Bénédiction Apostolique, en priant le Seigneur de faire fructifier tout ce que vous faites généreusement au service de la Mission de l’Eglise.

                                   



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