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DISCOURS DU PAPE PIE XII
AUX DÉLÉGUÉS DE LA JEUNESSE OUVRIÈRE CHRÉTIENNE*

Place Saint-Pierre - Dimanche 25 août 1957

 

MERVEILLEUX SPECTACLE

Comment pourrions-Nous assez exprimer Notre joie, chers fils et chères filles de la JOC, en vous voyant assemblés aujourd'hui sous Nos yeux et faisant résonner de vos acclamations et de vos chants ces lieux consacrés par le martyre et le tombeau du chef des Apôtres et visités par les foules chrétiennes du monde entier, qui viennent sans cesse y chercher force et consolation ? Depuis longtemps, Nous désirions cette rencontre avec les représentants de la jeunesse ouvrière chrétienne; déjà en 1939, au début de Notre Pontificat, elle Nous était promise, mais les tristes événements de la guerre la firent remettre à des jours meilleurs. Sachant qu'à ce désir du Père correspondent, depuis des mois, l'attente et la préparation de tous Ses fils, les plus lointains surtout, qui ont vécu dans l'espérance de cette heure, Notre satisfaction n'en est que plus grande, lorsque Nous contemplons votre rassemblement vibrant d'enthousiasme et vous entendons formuler avec tant de conviction l'engagement de lutter chaque jour pour mieux vivre votre idéal jociste et de gagner à cet idéal vos frères et sœurs de travail.

Comme la foule que contemplait l'Apôtre Saint Jean, dans la prophétique révélation de Pathmos, « foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, de toutes nations, tribus, peuples et langues » (Apoc. 7, 9), vous êtes revêtus, comme d'une robe d'innocence, de cette grâce sanctifiante qui est votre fierté et votre force ; vous portez les palmes d'un apostolat déjà merveilleusement fécond, de combats toujours généreux et de sacrifices — Nous ne l'ignorons pas — dignes parfois des temps héroïques. Et tous, debout, dressés en face d'un monde qui oublie ou méprise les réalités saintes, vous lui criez hautement par vos paroles, par vos actes, par votre vie entière : « Le salut est le fait de notre Dieu, qui siège sur le trône, et de l'Agneau » (Apoc. 7, 10).

Mais par delà vos rangs de jeunes et authentiques ouvriers, Nous croyons voir aussi les centaines de milliers de jeunes travailleurs et travailleuses de tous les continents, qui vous ont délégués à Rome et vous ont chargés de Nous apporter le témoignage de leur attachement et de l'action apostolique, qu'ils mènent dans leur milieu. Nous apercevons aussi la multitude de ceux qu'ils veulent conquérir, en les ramenant à Dieu — comme la poignée de levain, mêlée à la masse inerte de la pâte, doit par sa fermentation la travailler, la soulever, la transformer en un pain savoureux et bienfaisant. Oui, votre présence console et émeut le cœur du Père Commun, qui sait avec quel enthousiasme et au prix de quelles privations vous avez accompli votre pèlerinage. Jeunes ouvriers et jeunes ouvrières de plus de quatre-vingts nations, unis dans la grande fraternité chrétienne, vous proclamez bien haut que vous êtes venus ici affirmer votre foi catholique, votre amour sans limite pour le Christ, votre confiance filiale en son Vicaire et en son Eglise, votre volonté de justice et de paix.

Vous êtes venus renouveler en Notre présence votre promesse magnanime de ramener à l'Eglise tous les ouvriers ; grande ambition, certes, mais combien naturelle en des cœurs aimants qui se savent unis au Christ, parce qu'ils ont déjà expérimenté dans leurs saintes entreprises la puissance de sa grâce. Vous êtes venus donc vers cette Rome éternelle, comme au foyer de lumière et de chaleur, qui doit éclairer vos esprits et embraser vos cœurs dans l'accomplissement de votre double tâche : conserver et affermir en vous la vie de foi et en donner le bienfait à ceux qui l'ignorent. Vous voulez vivre une vie chrétienne profonde, authentique, non seulement dans le secret de vos consciences, mais aussi ouvertement, dans vos familles, dans le quartier, à l'usine, à l'atelier, au bureau, et manifester par là votre appartenance sincère et totale au Christ et à l'Eglise. Votre solide organisation, votre méthode résumée par la formule bien connue : « Voir, juger, agir », vos interventions sur le plan local, régional, national et international, vous mettent en état de contribuer à l'extension du Règne de Dieu dans la société moderne et d'y faire pénétrer les enseignements du christianisme avec toute leur vigueur et leur originalité. Cette action, Nous voudrions en souligner ici quelques aspects, en les rattachant au nom même de votre mouvement: vous êtes des jeunes, des travailleurs, des catholiques.

I.

« VOUS ÊTES DES JEUNES »

Les jeunes sentent croître en eux les forces physiques et morales ; poussés par le désir de les déployer, ils songent tout naturellement à l'avenir, à ce que la vie leur promet de grand et de beau. Ils sont animés d'un optimisme fervent, qui va courageusement de l'avant, surtout lorsqu'il s'appuie sur la grâce divine et l'aide de Dieu même. Mais le monde actuel oppose à cet optimisme de terribles obstacles. Vous voyez autour de vous des masses d'hommes se débattre dans des difficultés matérielles insurmontables, la faim, la misère, l'ignorance; certains oublier même leur dignité, perdre leur idéal, se contenter de satisfactions vulgaires. Puis de faux prophètes s'insinuent dans ces groupes déprimés, y sèment des germes de haine et de révolte, les trompent par des promesses illusoires. Sous prétexte que les ressources naturelles ne pourraient suffire à nourrir l'humanité en croissance, on attente même à la dignité du mariage et de la famille.

Comment la JOC essaie-t-elle de remédier à ces maux ? Elle affirme, avec toute l'ardeur de la jeunesse, sa foi dans les richesses spirituelles de l'humanité, dans sa vocation terrestre et surnaturelle, et elle s'applique dès maintenant à réaliser celle-ci. Soucieuse d'assurer à ses membres une éducation intellectuelle et morale, elle leur montre le vrai sens de la vie; elle les entraîne à résister aux tentations avilissantes, à repousser toute lâcheté ; elle leur révèle le prix de la générosité et de l'entr'aide fraternelle. Elle entreprend de façonner leur esprit et leur cœur pour en faire des hommes conscients de leurs responsabilités et prêts à affronter sans crainte les plus lourdes tâches. C'est que le jocisme a formé, là où il travaille depuis longtemps, des chefs chrétiens, et qui, comme tels, sont une espérance pour l'avenir social et la régénération chrétienne du monde ouvrier. Les problèmes économiques et sociaux, qui naissent de l'accroissement de la population du globe, des inégalités de la répartition des ressources naturelles, du développement insuffisant de certaines régions, inspirent à d'aucuns la défiance et le pessimisme ; les jeunes par contre sont persuadés que ces problèmes peuvent et doivent recevoir une solution par la collaboration de toutes les bonnes volontés. Si on est décidé à regarder ces problèmes avec franchise, à en étudier sérieusement les données, à suivre les impératifs de la conscience chrétienne, aucune situation, si grave puisse-t-elle paraître, ne prolongera longtemps ses effets néfastes.

Efforcez-vous de mettre à profit tous les moyens de formation personnelle et sociale, que votre mouvement vous procure. On imagine parfois, bien à tort, que les jeunes chrétiens regardent l'avenir du monde avec suspicion, qu'ils sont tristes et découragés devant des progrès scientifiques et techniques qui pourraient devenir une entrave et un obstacle à leur foi ; qu'ils sont en un mot faibles et impuissants en face de la pauvreté, de l'injustice sociale, de toutes les formes d'oppression qui subsistent dans la société contemporaine, et qu'ils se résignent passivement à accepter un sort qui les accable. La JOC vous a prouvé clairement et victorieusement, chers fils et chères filles, combien tout cela est faux. Parce que vous êtes catholiques, vous êtes beaucoup plus forts que d'autres, vous avez l'assurance indéfectible du triomphe final. Sans doute vous vous refusez à employer les moyens de violence, le mensonge, et toutes les méthodes qui, au lieu de respecter les droits de la personne, les diminuent et même les suppriment. Mais votre force est surnaturelle ; elle vous vient de Dieu, elle vous est donnée à chaque instant par l'Esprit Saint qui vous inspire et qui confère à vos actes les plus humbles une valeur spirituelle inestimable.

Et comme vous éprouvez en vous-mêmes les bienfaits de la formation jociste et cette ardeur nouvelle qui pénètre votre vie, vous voulez les porter aux autres, à ceux là surtout qui, privés de moyens de formation et de culture, n'ont pas appris comme vous la discipline personnelle de vie et les méthodes d'action sociale et religieuse. Vous irez vers eux simplement et cordialement; vous les attirerez à votre mouvement ou du moins vous leur communiquerez ce que vous avez vous-mêmes reçu, afin qu'au lieu de gaspiller leur jeunesse dans l'inaction et les plaisirs malsains, au lieu de subir passivement la pression des circonstances hostiles, ils sachent se fixer un idéal élevé, exalter leurs forces et leur confiance par les liens étroits de la fraternité jociste. Unis dans un même élan, vous préparerez ensemble, guidés par la lumière de l'Evangile et soutenus par la ferveur de votre amitié chrétienne, un avenir heureux et fécond pour vous-mêmes et vos compagnons.

II.

« VOUS ÊTES DES TRAVAILLEURS »

Vous venez à Nous, chers fils et chères filles, comme délégués des jeunes travailleurs, non seulement parce que vous partagez leur condition de vie, mais aussi parce qu'ils vous ont investis de leur confiance et choisis pour venir les représenter ici ; ils ont assumé, par l'épargne collective, les frais de votre voyage et vous ont remis les documents, qui contiennent les informations sur leur situation religieuse et matérielle et sur leurs activités jocistes. Certes, vous n'ignorez pas de quelle sollicitude et de quelle affection l'Eglise et les Souverains Pontifes entourent les travailleurs, avec quelle insistance ils ont inculqué les principes de la justice sociale, avec quelle ferveur ils ont encouragé tous ceux qui, conscients de la gravité de l'heure, s'efforçaient de les faire appliquer. La JOC aborde le problème de la vie ouvrière en son point le plus délicat peut-être, c'est-à-dire au moment où il commence à se poser au jeune homme, à la jeune fille. Quand ceux-ci quittent l'école pour aller au travail, ils sont d'habitude fiers d'assumer à leur tour un rôle actif dans la société et débordent de confiance en eux-mêmes. Mais bien vite, de cruelles déceptions s'abattent sur eux; trop souvent ils se heurtent à des conditions de vie difficiles, ils ne rencontrent qu'incompréhension, dureté, mauvais exemple; ils absorbent lentement le poison de doctrines matérialistes, d'attitudes faussées par l'opposition des classes et la haine; ils perdent ainsi rapidement et parfois irrémédiablement leur fraîcheur, leur joie, leurs aspirations les plus légitimes, et bientôt s'aigrissent et se révoltent.

Tel est le désastre que la JOC veut absolument empêcher. Et c'est pourquoi elle s'emploie à restaurer dans toute sa noblesse la notion chrétienne du travail, de sa dignité, de sa sainteté. Vous aimez à considérer les gestes du travailleur comme des actes personnels d'un fils de Dieu et d'un frère de Jésus-Christ, comme un effort librement consenti, par l'esprit et par le corps, pour le service de Dieu et de la communauté humaine. Puissent les membres de votre mouvement, par leur présence et leur collaboration avec les autres groupes animés aussi d'intentions généreuses, faire pénétrer cette conception du travail dans les usines, dans les bureaux, dans les écoles professionnelles. C'est là un apostolat à un très haut degré pratique et nécessaire.

Si, dans les vieux pays d'Europe, les problèmes sociaux posés par l'industrialisation sont encore loin d'être résolus, qu'en sera-t-il des pays en pleine évolution industrielle, où des populations considérables affluent vers les grands centres et s'y entassent comme elles peuvent. En particulier, la jeunesse d'Afrique, d'Asie et d'Amérique du Sud doit faire face avec courage aux difficultés qui naissent de ces formes nouvelles de leur vie de travail.

Vos enquêtes vous ont déjà révélé et continuent à vous manifester chaque jour les souffrances des travailleurs des divers continents : problèmes de la mise au travail des jeunes au sortir de l'école et des périls de l'oisiveté prolongée ; problèmes du chômage, de l'habitation, des transports, des délassements ; problème surtout des conditions mêmes de leur labeur quotidien, des périls qu'y courent leur santé et leur moralité. Pour que les Jocistes des pays plus favorisés puissent intervenir activement et tendre à leurs compagnons en difficultés la main fraternelle, qui les sauvera du naufrage et les orientera vers un avenir prometteur, il importe que se multiplient les contacts de toutes sortes par la correspondance, les bulletins d'informations, mais surtout par les relations personnelles, dont ce Congrès international vous donne une merveilleuse occasion. La solidarité qui vous assemble a transformé et élevé votre vie, comme le rayon de soleil traversant un vitrail le fait flamboyer de mille feux. Aussi ne refuserez-vous pas de participer à l'effort considérable, que requiert l'amélioration de la situation des jeunes travailleurs de toutes races et de toutes nations. Vous vous montrerez vrais fils de l'Eglise, en portant aux autres comme « missionnaires jocistes », par l'exercice plénier de votre responsabilité de jeunes ouvriers chrétiens, le salut qui vous a été annoncé.

III.

« VOUS ÊTES DES CATHOLIQUES »

Et c'est ainsi que Nous en venons à parler du troisième caractère qui distingue la JOC : vous êtes des catholiques, et vous l'êtes au plein sens du terme, c'est-à-dire, non seulement comme individus professant les vérités révélées par le Christ et vivant personnellement de la grâce de la Rédemption, mais en tant que membres de la communauté chrétienne et remplissant dans cette communauté une tâche propre, indispensable à sa vie et à son équilibre. L'Eglise a besoin aujourd'hui plus que jamais des jeunes travailleurs pour construire vaillamment, dans la joie et dans la peine, dans les succès et les épreuves, un monde tel que Dieu le veut, une société fraternelle dans laquelle la souffrance du plus humble sera partagée et allégée par tous. Que votre apostolat s'exerce donc dans une perspective d'universalité et toujours, comme il convient, dans la filiale soumission à la hiérarchie ecclésiastique; qu'il trouve là la source de son efficacité et de sa fidélité aux intentions du Christ.

Les années d'après-guerre ont vu se créer de nouvelles organisations internationales, chargées de remédier aux détresses économiques et culturelles des peuples les plus besogneux. Des sommes importantes, mais encore insuffisantes, sont consacrées à mettre sur pied des services d'aide technique et pédagogique ; des spécialistes se rendent sur place pour travailler au relèvement économique et intellectuel de ces populations. L'Eglise elle aussi, par sa nature même et son histoire, par le dévoûment et la compétence que ses missionnaires ont déployés sous toutes les latitudes, a prouvé qu'elle était spécialement qualifiée pour exercer avec succès une œuvre civilisatrice. La JOC est riche de son expérience en matière d'éducation de la jeunesse ouvrière, et possède une méthode qui a fait ses preuves et démontré sa capacité d'adaptation aux circonstances les plus variées. Elle est donc capable d'exercer, partout où elle est présente, une action large et durable sur l'éducation populaire, en collaboration avec les autres organismes officiels ou privés qui poursuivent le même objectif. Ses contacts immédiats avec la réalité ouvrière lui permettent de tracer en chaque cas un plan d'action complet répondant aux exigences des situations et de donner à ses membres, et par eux à tous les jeunes ouvriers, l'aide la plus efficace. Nous souhaitons donc que les pouvoirs publics reconnaissent de plus en plus largement ses services et lui assurent, particulièrement dans, les régions où se fait sentir l'urgence d'une intervention en matière d'éducation, les moyens matériels nécessaires à cette œuvre capitale.

Nous désirons, chers fils et chères filles, que ce rassemblement mondial de la jeunesse ouvrière chrétienne manifeste davantage à vos propres yeux et à ceux du monde les possibilités concrètes de votre mouvement, lorsque ses membres restent à la hauteur de leurs engagements. Point de victoire sans lutte, vous le savez. Et les conquêtes d'ordre spirituel, encore plus que les autres, exigent le renoncement, l'abnégation, l'oubli de soi pour la cause que l'on prétend servir. Vous n'êtes pas engagés dans un combat temporel, pour l'obtention de quelques avantages d'ordre économique et social seulement, mais vous visez avant tout à la conquête des âmes. C'est dans l'âme de vos frères qui ne connaissent pas encore le Christ, ou qui ne le servent pas fidèlement, que se livre la partie décisive; c'est à vous qu'il appartient de faire connaître le Sauveur, de faire pénétrer sa loi d'amour dans tous les secteurs de la vie privée et publique. Son précepte de charité et d'union fraternelle doit s'accomplir d'abord chez les jeunes, et pour cela il faut que croisse en vous sans cesse le sens de l'Eglise, l'esprit missionnaire, la connaissance des travailleurs des autres pays et la volonté de répondre généreusement à leur attente. Vous n'oublierez pas la dette de reconnaissance, que vous avez envers vos aumôniers qui ne ménagent pas leur peine au service de la JOC. Conscients de ce que vous avez reçu d'eux, vous continuerez à leur accorder une confiance et une affection bien méritée. N'est-ce pas notamment à leur action qu'est due l'éclosion de vocations sacerdotales parmi les jocistes ?

EXHORTATION FINALE

L'apôtre Saint Jean raconte, dans un passage célèbre de son évangile, comment Jésus, arrivé devant le tombeau de son ami Lazare, se mit à pleurer. Les Juifs témoins de ces larmes se dirent entre eux: « Voyez comme il l'aimait! » (Io. 11, 36). Mais Jésus fit plus que s'émouvoir : ayant invoqué son Père, il s'approcha du sépulcre et cria d'une voix forte: « Lazare, viens dehors! ». Alors le cadavre se leva et Lazare sortit vivant du' tombeau. Chers fils et chères filles, des millions de jeunes sont encore prisonniers de liens pires que la mort : ceux de la misère, de l'erreur, de la corruption morale. Ne vous contentez pas de pleurer sur eux! Le Christ est en vous avec sa puissance qui fait reculer l'ennemi. Allez donc hardiment vers ces âmes et criez-leur la bonne nouvelle de l'Evangile, les paroles de résurrection et de vie, dont Dieu vous a faits, pour elles, dépositaires: « Mon frère, viens à la vérité! viens à la lumière! viens à l'amour! ». Et bientôt, en foule innombrable autour de vous, comme dans la vision de l'Apocalypse que Nous évoquions au début de ce discours, le monde ouvrier chantera l'hymne de sa résurrection spirituelle : « Jocistes bien aimés, par vous nous avons trouvé la vraie vie et nous rendons gloire à Dieu le Père et à l'Agneau immolé sur l'autel » (cfr. Apoc. 7, 10, 12). Chers fils et chères filles, quand vous serez rentrés chez vous, puissiez-vous continuer, chacun dans le champ d'apostolat qui lui est assigné, une action encore plus décidée et vigoureuse, parce que vous aurez mieux compris le prix inestimable de la cause que vous défendez. Maintenant, comme par le passé, Nous comptons sur vous et attendons de vous de grandes choses.

Comme gage des faveurs divines, Nous allons vous donner la Bénédiction Apostolique: pour vous d'abord et pour tous les Jocistes du monde, ceux qui de loin Nous écoutent, ceux qui ont aidé votre pèlerinage par leurs prières, leurs cotisations, leurs sacrifices; spécialement ceux qui, plongés dans la souffrance, offrent pour la JOC les mérites d'une résignation humblement filiale, parfois héroïquement joyeuse; pour vos bienfaiteurs aussi, tous les sympathisants de votre grande entreprise, pour vos aumôniers, pour vos familles, enfin pour les personnes présentes à votre pensée ou à votre cœur, et en particulier ces frères et ces sœurs de travail que vous rêvez de conquérir.


* Discours et messages-radio de S. S. Pie XII, XIX,
 Dix-neuvième année de Pontificat, 2 mars 1957 - 1er mars 1958, pp. 349-357
 Typographie Polyglotte Vaticane

 



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