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DISCOURS DU PAPE PIE XII
AUX PARTICIPANTS AU CONGRÈS INTERNATIONAL
DE LA ROUTE EN BÉTON DE CIMENT*

Samedi 19 octobre 1957

 

Répondant bien volontiers au désir que vous Nous avez exprimé, Nous sommes heureux, Messieurs, de vous recevoir aujourd'hui et de vous dire Notre estime et les souhaits que Nous formons pour le succès de vos travaux. Ce Congrès International de la Route en Béton de Ciment rassemble en effet les spécialistes les plus qualifiés de nombreux pays d'Europe. Le groupe imposant, que Nous avons sous les yeux, indique assez l'actualité du sujet et l'attente vive qu'ont suscitée les rapports inscrits au programme de vos réunions.

Vous vous proposez de passer en revue les progrès techniques et les réalisations récentes dans la construction de routes et de pistes d'aérodromes en béton de ciment. Il suffit de comparer sur une carte d'Europe le réseau routier, par lequel s'écoule le trafic international, avec celui des autoroutes actuellement en service, pour apercevoir sans peine l'ampleur de la tâche qui reste à fournir en ce domaine. Si le développement du chemin de fer au siècle dernier et au début de celui-ci en fit un instrument essentiel du commerce international et, par là, du développement économique des pays européens, l'automobile vint ensuite le concurrencer et s'est rendue à présent indispensable. Elle a requis et continue à demander la construction de routes nouvelles, aux ramifications plus étendues, adaptées aux exigences croissantes posées par un véhicule rapide et parfois lourd et encombrant. Tandis que le conducteur veut des routes plus larges, plus sûres, plus faciles, les pouvoirs publics se préoccupent de comparer le rendement économique, qu'elles promettent, aux investissements souvent considérables qu'elles supposent. D'un point de vue plus élevé, on évoquera la nécessité, pour une Europe en voie d'unification et dotée déjà d'institutions telles que la Communauté du Charbon et de l'Acier et le Marché commun, de posséder des voies de communication capables de suffire aux échanges accrus.

Ce sont tous ces aspects que vous tentez de concilier, en étudiant, dans les réunions de ce Congrès, les problèmes que pose la construction de routes en béton de ciment, dont les avantages sur les autres types de routes ont été déjà largement démontrés. Qu'il s'agisse d'autoroutes reliant les grands centres d'un même pays ou de pays différents, de grandes artères urbaines ou de voies de moindre importance, vous avez acquis de précieuses données d'expérience, qui vous permettent de déterminer, pour chaque cas, les critères auxquels doivent satisfaire l'établissement des projets et la construction, afin d'assurer, aux moindres frais, le meilleur rendement. Les considérations esthétiques elles-mêmes ne sont pas absentes de vos prévisions et tirent parti des lois de la dynamique. Il suffit, par exemple, de comparer les tracés anciens, qui combinaient de manière trop rigide la ligne et le cercle, avec les tracés récents, dont les courbes s'inscrivent avec une extrême souplesse dans le paysage, pour apprécier le progrès réalisé en cette matière.

Vous avez accordé, dans ce Congrès, une attention particulière à diverses expériences d'utilisation du béton précontraint dans la construction des routes et des pistes d'aérodrome. Les essais poursuivis jusqu'à présent ont mis en évidence la résistance remarquable des revêtements de ce type. Toutefois leur coût plus élevé, en dépit des économies réalisées sur l'épaisseur des plaques et la préparation du terrain, ne permet pas encore d'en généraliser l'emploi.

Nous ne doutons pas que vos recherches assidûment poursuivies ne permettent d'apporter aux questions d'ordre technique et économique, que pose la construction des routes modernes, des solutions toujours plus avantageuses et mieux adaptées aux besoins présents et futurs de la circulation automobile. Si les chaussées romaines permirent jadis à la vérité chrétienne de pénétrer profondément dans les régions de l'Europe occidentale, les routes d'aujourd'hui, incomparablement plus belles et plus commodes, ont à remplir au profit de l'humanité contemporaine une fonction aussi nécessaire. Il serait vain d'espérer que les pays occidentaux puissent entretenir une collaboration pacifique et durable sur la seule base de traités économiques ou d'accords politiques et militaires. Il faut d'abord que leurs intentions profondes tendent à réaliser le bien véritable de l'humanité, et celui-ci, la foi chrétienne seule peut le révéler pleinement et le rendre possible.

Que les routes modernes, comme celles de l'antiquité, s'ouvrent donc aux hommes porteurs des vérités, qui répondent à l'angoisse du temps présent et lui indiquent le salut ! Qu'elles favorisent les échanges de biens matériels, intellectuels, spirituels entre les cités européennes, et les aident à garder la conscience de leurs responsabilités mutuelles dans la sauvegarde de la paix et de la culture chrétienne !

C'est à une si noble tâche que vous contribuez pour votre part, en travaillant à l'amélioration des communications routières. Que le Seigneur daigne seconder vos efforts et leur accorder la récompense qu'ils méritent ! Nous l'en prions de tout cœur et, en appelant les faveurs divines les plus abondantes sur vous-mêmes, sur vos familles et sur tous ceux qui vous sont chers, Nous vous en donnons pour gage Notre Bénédiction apostolique.


* Discours et messages-radio de S. S. Pie XII, XIX,
 Dix-neuvième année de Pontificat, 2 mars 1957 - 1er mars 1958, pp. 515-517
 Typographie Polyglotte Vaticane

 



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