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PAPE FRANÇOIS

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA
MAISON SAINTE-MARTHE

Mercredi 24 avril 2013

 

(L'Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 17 du 25 avril 2013)

L’Église est une histoire d’amour

L’Église est une histoire d’amour et nous en faisons partie. Mais pour cette raison précisément, lorsque l’on donne trop d’importance à l’organisation, quand l’administration et la bureaucratie prennent une dimension prépondérante, l’Église perd sa vraie substance et risque de se transformer en une simple organisation non gouvernementale. L’histoire d’amour à laquelle le Pape François s’est référé au cours de la Messe célébrée dans la matinée du mercredi 24 avril, dans la chapelle de la Domus Sanctae Marthae, est celle de la maternité de l’Église. Une maternité, a-t-il dit, qui croît et se diffuse dans le temps « et qui n’est pas encore finie », poussée non par des forces humaines, mais « par la force de l’Esprit Saint ».

Mais alors, s’est demandé le Pape, comment croît l’Église ? « Jésus l’a dit avec simplicité : comme le grain de sénevé, comme le levain dans la farine, sans bruit. L’Église croît — pour ainsi dire — par le bas, lentement ». Et quand elle se vante « de sa quantité », quand elle donne naissance à des « organisations » et « des bureaux et devient un peu bureaucratique, l’Église perd sa principale substance et court le danger de se transformer en une ONG. Et l’Église n’est pas une ONG. C’est une histoire d’amour ».

Puis, s’adressant aux personnes présentes à la Messe, il a expliqué : « Tout est nécessaire, les bureaux sont nécessaires », mais « ils sont nécessaires jusqu’à un certain point », c’est-à-dire « comme soutien à cette histoire d’amour ». Quand en revanche « l’organisation prend la première place, l’amour rétrocède et l’Église, la pauvre, devient une ONG. Et cela n’est pas la bonne route ».

« Mais comment se réalise cette croissance de l’Église ? » a-t-il à nouveau demandé. « Non comme les militaires, comme ce chef d’État qui a demandé combien de divisions a le Pape » a-t-il répondu. L’Église, a-t-il répété, ne croît pas grâce à son armée: sa force « c’est l’Esprit, l’Esprit Saint, l’amour. C’est le Père qui envoie le Fils et le Fils nous donne la force de l’Esprit Saint pour croître, pour aller de l’avant ».

Donc l’Église n’est pas une organisation, mais « elle est Mère ». Et en notant la présence à la Messe de nombreuses mères, le Pape François s’est adressé directement à elles et a demandé : « Qu’est-ce que vous en dites, si quelqu’un vous dit : “Mais vous, vous êtes une organisatrice de votre maison” ? », anticipant leur réponse il a ajouté : « Non : je suis une maman !”. Et l’Église est Mère ». Et nous avec la force de l’Esprit, « tous ensemble, nous sommes une famille dans l’Église qui est notre Mère. Ainsi peut-on expliquer cette première lecture : “La Parole de Dieu croissait et se répandait”. Elle croît ainsi. Ici s’explique ce que disait Jésus : “Qui croit en moi, ne croit pas en moi mais en Celui qui m’a envoyé”. Le Père qui est à l’origine de cette histoire d’amour ».

« Demandons à la Vierge, qui est Mère — a-t-il conclu — de nous donner la grâce de la joie, de la joie spirituelle de cheminer dans cette histoire d’amour ».

 


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