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PAPE FRANÇOIS

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA
MAISON SAINTE-MARTHE

Les trois dons de Dieu

Lundi 6 novembre 2017

(L'Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 047 du 23 novembre 2017)

C’est en se laissant «miséricordier» par Dieu que l’on peut faire siens ses «dons irrévocables: l’élection, la promesse et l’alliance». C’est ce qu’a réaffirmé le Pape, en confiant voir, de façon particulière, ces trois réalités «chaque fois que des fiancés viennent me voir pour que je bénisse leurs alliances: l’élection — ils s’élisent mutuellement —, la promesse de passer leur vie ensemble et l’alliance». Et précisément «pour cela, le mariage fait partie des figures les plus parfaites du don de Dieu». Tel est le fil conducteur de la méditation. En analysant le passage de la lettre aux Romains (11, 29-36), le Pape rappelle l’argumentation théologique de Paul: «Frères, les dons et l’appel de Dieu sont irrévocables: il ne les donne pas aujourd’hui pour les reprendre demain» et «quand Dieu appelle, cet appel reste toute la vie». «Dans l’histoire du salut, il y a eu trois dons, trois appels de Dieu à son peuple: l’élection, la promesse et l’alliance». «Le peuple de Dieu est un peuple élu». En effet, «dans le cycle d’Abraham, dans la Genèse, combien de fois le Seigneur dit: “Oui je t’ai élu” et combien de fois souligne-t-il et répète-t-il la promesse: “Je te donnerai un fils, pas celui-ci, un autre” — “Mais à quatre-vingt-dix ans?” — “Oui, à quatre-vingt dix ans!”». Voilà «la promesse», a observé François en soulignant le fait que «le Seigneur célèbre continuellement l’alliance, cette alliance scellée par lui au début». Et «cela est l’histoire du salut». «Chacun de nous a été élu; chacun de nous est un élu, un élu de Dieu; chacun de nous porte une promesse que le Seigneur a faite: “Marche en ma présence, sois irrépréhensible et je te ferai cela”». Dans cette perspective, il est opportun que chacun se pose la question: «Comment est-ce que je sens l’élection: est-ce que je me sens chrétien par hasard? Comment est-ce que je vis la promesse, une promesse de salut sur mon chemin, et comment suis-je fidèle à l’alliance, comme lui est fidèle?». En tenant compte de cette vérité, le Pape a suggéré certaines questions à se poser à soi-même: «Est-ce que je me sens élu par Dieu? Est-ce que je sens la caresse de Dieu dans mon cœur? Est-ce que je sens que Dieu m’aime? Et qu’il prend soin de moi? Et quand je m’éloigne, est-ce qu’il vient me chercher?». Cela peut nous aider de penser «à la parabole de la brebis égarée, par exemple: le Seigneur qui va et les promesses qu’il a faites et les alliances». Ainsi, «chaque fois que des fiancés viennent me voir pour que je bénisse leurs alliances, je vois là, dans ce geste, ces trois choses: l’élection, la promesse de passer leur vie ensemble et l’alliance». Précisément «pour cela, le mariage est l’une des figures les plus parfaites du don de Dieu». Dans les «quatre lignes» qui suivent de la lettre aux Romains, l’apôtre Paul, «après avoir expliqué cela, par quatre fois» répète «les mots “désobéissance” et “miséricorde”: il y a une tension entre les deux, là où il y a désobéissance il y a eu miséricorde». «C’est comme la dynamique de notre chemin vers la maturité: il y a toujours la miséricorde, parce qu’il est fidèle, il ne révoque jamais ses dons». Et cela «est lié: ses dons sont irrévocables, parce que face à nos faiblesses, à nos péchés, il y a toujours la miséricorde, et quand Paul parvient à cette réflexion, il accomplit un pas supplémentaire: pas d’explication à nous, mais d’adoration». Quand il ne peut continuer avec la tête, parce qu’il a tout expliqué, Paul s’agenouille et adore». Il «adore en silence». «Je pense que cela peut nous faire du bien, à tous, de penser aujourd’hui à notre élection, aux promesses que le Seigneur nous a faites et à la façon, dont je vis l’alliance avec le Seigneur». Mais aussi à «la façon dont je me laisse “miséricordier” par le Seigneur, devant mes péchés, mes désobéissances».


 

 



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